De l’art de mal prendre un compliment

Chers petits chamois d’amour frisottants,

Je vous en ai déjà parlé, dans la vraie vie de tous les jours, je travaille. J’adorerai pourtant que l’interwoueb mondial me paye à écrire des gaudrioles toute la journée, malheureusement je n’en suis pas encore là (d’ailleurs si vous aviez la bonté de répandre la bonne parole à mon sujet, ça m’aiderait, faites un effort que je puisse conquérir le monde, bon sang).

Je m’égare. Donc. Disais-je. J’ai un travail. Et donc des clients et des collaborateurs de travail. Avec certains ça se passe très bien, des périodes plus ou moins faciles mais on avance ensemble. Avec d’autres… Ahem. Disons que mon opinion à leur sujet a subi quelques déconvenues.

Plus jeune, je pensais naïvement que dans le secteur privé, les gens étaient efficaces, se comportaient en adultes responsables s’il y avait un problème, et faisaient de leur mieux parce qu’ils étaient payés pour ça. Oui. Je sais. Mon Dieu, mon dieu, quelle petite créature crédule je faisais… Ce fut évidemment une cruelle désillusion.

Désillusion du monde du travail

Après quelques expériences ubuesques, il y en a un ou deux que je passerai volontiers à la moulinette, après leur avoir tordu le cou de si belle façon qu’on pourrait en faire une vis de pressoir. Quand on se voit, ils me font la bise et tout (ha bah oui on est dans la coooom, chériiiii, tout le monde se tape sur le bide comme si on avait gardé les cochons ensemble)(ça m’agace prodigieusement), or nous savons tous très bien que, si c’était possible, on se ferait manger mutuellement le bidule à enlever les agrafes par les trous de nez.

Ce jour, j’ai reçu un mail d’une de ces personnes avec qui je dirai poétiquement que j’ai des rapports fleuris, après lui avoir rattrapé un dossier un peu pourri. Ça disait en gros: « Merci infiniment Appolonie, tu es vraiment magique. Bonne soirée et encore bravo. »

 

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J’ai failli être contente. Oui. Non. Plutôt oui, mais… Euh. Non. Oui. Sauf que…

J’ai cherché ce que j’avais pu faire comme connerie que je n’avais pas encore détectée. J’ai compulsé tous les mails. Du coup j’ai vérifié les diverses versions dudit projet, sans rien trouver. J’ai soumis la chose à mes collègues les plus directs qui étaient très étonnés.

Finalement on a envisagé de prendre un drone pour espionner le bureau du quidam incriminé, une collègue a insinué qu’il avait probablement été enlevé par les extra-terrestres et que nous avions affaire à un clone, quelqu’un a envisagé qu’il avait eu des vacances de rêve et donc une crise d’amabilité aussi inopinée qu’incroyable, moi j’ai dit qu’il préparait sûrement une méga-vacherie en essayant de détourner mon attention et que tout ceci n’était qu’une diversion machiavélique, et au final mon boss a décrété qu’il aimerait bien qu’on se remette au boulot au lieu de dire n’importe quoi.

Il a ajouté que peut-être, pour une fois, cette personne appréciait notre travail à sa juste valeur, et qu’il fallait en profiter au lieu de le prendre mal.

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Là j’ai réalisé que j’étais devenue complètement parano. Bon. Ok.

Mais n’empêche, c’est ULTRA louche.

 

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