Archive of ‘Mon petit client’ category

Comment la non-organisation de l’université nous a fait découvrir des univers parallèles (à moi le Nobel).

Mes petites compotes en culotte,

Au travail, il y avait une grande fête où on accueille des tas d’élèves de collège et lycée pour leur faire découvrir le joyeux monde de la science et de la recherche à l’université, et leur donner envie de faire des études ici après. Haha. Les malheureux s’ils savaient ce qui les attend…

Entendons-nous bien. Faire de la science, c’est génial. Moi je découvre un monde qui m’était totalement inconnu (« Bonjouuur j’ai fait des arts appliqués! »), et je suis fascinée.

Le problèèèèème…. C’est ce qui va autour. Toute personne ayant fréquenté une fac dans sa vie a eu l’impression de rentrer dans la maison des fous des 12 travaux d’Astérix. C’est  un peu pénible au quotidien (je vous ai déjà parlé de mon adresse mail par exemple ou de la réunion de l’enfer), voire, soyons honnêtes, ça peut rendre vraiment cinglé. Notamment je crois qu’il y a une espèce de malédiction dans les services centraux qui sont sensés s’occuper de la logistique et tout, juste, je sais pas, ils sont au-dessus d’un cimetière indien, ou bien ils ont offensé gravement le dieu de la productivité pour les 428 prochaines générations.

A priori, ça avait pourtant bien commencé, 6 mois avant on nous avait demandé ce qu’on voulait mettre dans notre stand, de quoi on avait besoin comme matériel, etc. Je me suis dit, whaaaaaa, dingue, on anticipe ici maintenant ? Je leur ai fait une belle liste super détaillée, je pensais que du coup ça allait bien se passer.

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GROSSIÈRE ERREUR.

Déjà 3 jours avant j’ai reçu un mail avec « oui alors en fait pour tel truc il faut le faire sur mesure et en urgence, vous avez 2000€ à débloquer là tout de suite? »

Non, non très cher, je n’ai pas de sous à vous filer là tout de suite vu que c’était pas du tout prévu, et que vous auriez pu m’en parler pendant les 5 mois et 27 jours qui ont précédés. Ahem.

La veille on a commencé à s’installer et on était tout entassé dans un petit espace, alors qu’à côté ils étaient 2 dans un truc 3 fois grand comme le nôtre. Bref.

Dans notre stand j’ai regardé avec stupeur les écrans blancs déroulants qu’on m’avait donnés, moi je voulais des écrans télé, donc, pourquoi pas, mais où sont les projecteurs ? Que nenni, point de projecteurs, il fallait les demander spécifiquement. Quoi que… maintenant que je le dis… quand j’avais demandé des écrans et les prises pour les brancher, peut-être qu’en effet une certaine logique aurait voulu qu’il s’agisse d’écrans télé et pas d’écrans de projection qui sont dépourvus de prise…

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Je vous passe l’odyssée pour mettre la main sur 2 projecteurs (une espèce en voie de disparition), on finit par tout installer tant bien que mal. Détail sordide, figurez-vous qu’il n’y avait pas de chauffage. Je suis allée brailler une fois de plus (j’aime brailler)(le matos que j’avais demandé et du chauffage, mon ambition est carrément sans limite). On m’a répondu que pas de soucis, le chauffage serait mis en route le lendemain matin, bien avant l’arrivée à 14h des premiers visiteurs.

A 11h y avait pas de chauffage.

A midi toujours pas non plus.

A 13h le monsieur qui était sensé le mettre en route finalement à 13h n’était toujours pas là.

A 13h50, soit 10 minutes avant l’ouverture, dans un sursaut miraculeux le monsieur arrive. Il y avait 2 énormes blocs chauffage de chaque côté de la tente. Il en met un en route, ô joie, du chaud.

Il a mis le deuxième en route et là…

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On a fait sauter le courant sur à peu près 1/4 du campus.

Après enquête il s’est avéré que quelque part, il avait été demandé une armoire avec un certain nombre d’ampères pour supporter tout le bastringue de la tente, mais en fait il en été mis une avec beaucoup moins parce que c’était surfait (270 ou 140 c’est presque pareil que 320, probablement).

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On a passé les 15 premières minutes à faire des claquettes devant nos visiteurs, le temps que le courant revienne. Au final on a fait le reste de la semaine avec un seul chauffage (pas de notre côté bien entendu), et tout s’est presque bien déroulé ensuite.

A noter, ces facéties m’ont permis de répondre à une question extrêmement intéressante, qui m’a été posée par un élève curieux et sagace, après qu’il ait fini les ateliers sur l’univers, la vie, le reste et tout ça.

« Mais dites, du coup Madame, les dimensions parallèles, ça existe ou pas ? »

Oui mon petit. Les dimensions parallèles existent. Je crois même que je vais faire une super publication scientifique et avoir un Nobel parce que je les ai localisées, moi, c’est évident.

Les dimensions parallèles, c’est dans les bureaux des services centraux. Troisième étage, couloir B, porte 27E. Et n’oublie pas le formulaire vert.

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La réunion de l’enfer, ou comment j’ai failli planter mon bic dans une narine (pas la mienne).

J’ai fait 2h de réunion et là, je vous jure, en sortant, j’ai eu des envies de cogner des gens. Mais vraiment.

Il y a un projet où, comme j’ai de vagues connaissances en la matière, on m’a demandé de venir mettre mon nez, pour jeter un œil et donner mon avis, parce que ça fait 6 mois que ça n’avance pas. Normalement c’est pas ma structure, pas mon département, et certainement pas mon boulot, mais comme je suis sympa, j’ai dit oui à titre consultatif.

On vient de faire 2h de réunion pour rien, en fait. Mais vraiment. Je m’en étrangle de rage pour ne rien vous cacher. Il y un quidam qui devrait gérer ça, mais en fait non, ça ne doit pas l’intéresser, ou il a sûrement des choses beaucoup plus palpitantes à faire. Donc il vient, il laisse le directeur s’occuper de tout pendant qu’il pianote sur son ordinateur. En fait il a passé 2h à empêcher la réunion d’avancer en faisant des remarques, qui, à part monopoliser l’attention sur lui et faire croire qu’il participe, n’ont aucun intérêt. Mais vraiment aucun. Du style « Y a une faute de frappe à la ligne 12, là, non il faut le signaler, parce que vous comprenez, on commence comme ça, et après le reste du laxisme blablablabla » ou bien « Moi je trouve l’image un peu grosse, il faut penser aux gens qui consultent ça sur une tablette ou un smartphone, sinon, après, ils voient moins bien, et du coup blablablablabla ».

J’avais envie de lever la main, d’obtenir l’attention publique, et de dire posément : « Est-ce que quelqu’un se rend compte qu’il monopolise 8 personnes pour un projet dont il aurait dû se charger, parce que c’est SON TAF, et que non content de ne pas le faire, il fait perdre du temps et empêche de bosser des gens qui ont peut-être, eux, du travail qu’ils essaient de faire correctement? Enfin, je sais pas, hein, mais est-ce que quelqu’un est bien CONSCIENT DE CE QUI SE PASSE ICI OU C’EST JUSTE MOI? »

J’ai failli lui enfoncer mon bic dans le cerveau, via la narine, juste pour qu’il se taise. Vraiment. Mon regard s’est porté sur mon bic… Sa narine… J’ai commencé à faire des calculs de trajectoire pointe-du-bic-narine-de-la-cible…

Ce qui m’a fascinée, c’est le moment où il a interrompu le directeur du département (qui ne devrait même pas être là, parce qu’il devrait pouvoir déléguer ce projet sans s’en occuper), pour dire un truc du style « Ha oui, au fait, Machine, il me faudrait ça, il faudra que tu le fasses. – Mais euh, pour cette future version du projet sur laquelle on bosse ? Je comprends pas.
– Ben non, sur l’actuelle, mais bon je te le dis pendant que j’y pense. »

Fa-sci-nant. A aucun moment, on ne lui a dit : « Oyez, oyez, règle de base, de bon sens et de courtoisie à la fois :  tu n’interromps pas la discussion de 8 personnes juste pour dire le premier truc qui te passe par la tête à ta voisine. Tu le notes sur ton carnet, et tu lui en parles après la réunion. Donc, tu la fermes. Merci. »

Et là où il est vraiment hyper fort, c’est quand on est arrivé à la fin, et où après avoir donc passé 2H à raconter des énormités plus grosses que lui, il a conclu brillamment par :

« Donc on va faire venir un prestataire externe qui va se charger de faire le boulot pendant 3 jours. »

Moi, intérieurement : bravoooooo c’est exactement ce que je leur avais déjà dit de faire il y a 6 mois...

« J’aimerais mieux qu’il vienne travailler sur place, qu’on vérifie s’il est compétent. »

Moi, toujours intérieurement : et je me demande bien comment tu vas vérifier ça vu que tu es toi-même totalement incompétent en la matière…

« De la sorte, il pourra en profiter pour former Machine et Appolonie, comme ça elles s’en chargeront à l’avenir. »

Moi : Ouais ouais c’est ça cause toujours tu… Hein… Quoi… Attends… Mais qu’est-ce que …  Attends mais qu’est-ce qu’il vient de dire de qui va être formé à quoi là !?!?

Là… là… J’ai failli me lever et l’acclamer. Je regrette, à un point que vous n’imaginez pas, de ne pas m’être mise debout pour applaudir, avec force et éclat, cet instant magique : il ne fait pas son boulot, il se débrouille pour tout refourguer à d’autres, il empêche les malheureux désignés d’office d’avancer à force de noyer le poisson. Et, stade ultime, il se débrouille pour essayer de me fourguer une partie du travail alors que je ne fais même pas partie de sa structure et que je n’ai rien à y faire.

Ce jour, j’ai reçu une grande leçon professionnelle. Je pensais pourtant en avoir vu des vertes et des pas mûres en bossant en agence de com. J’ai dû réviser avec humilité mon opinion, car, non, je n’ai pas tout vu, et je dois me faire à l’idée que le monde du travail parviendra toujours à m’étonner.

Tant de suffisance et d’incompétence mêlées à une outrecuidance pareille… Moi je dis, chapeau, l’artiste.

Le je-m’en-foutisme du lundi matin

Mes petits narvals en bois de santal,

Le lundi matin, je suis généralement assez grognon. Surtout quand j’ai passé 35 minutes debout, ballotée par le doux transport du tram bondé qui avait un problème sur la ligne blablabla, avec un abruti qui écoutait avec son casque de la mauvaise musique très fort dans mon oreille gauche, et à mon oreille droite une étudiante gloussante qui raconte au téléphone son palpitant week-end où finalement il ne s’est rien passé avec Charles-Eudes-de-mes-fesses mais elle pense qu’elle a ses chances encore (après 35 minutes de discussion, j’ai failli la gifler en lui disant de laisser tomber direct, elle n’en a clairement aucune).

Après j’ai ouvert ma boite mail, et là, une avalanche de contrariété m’a sauté à la gorge. Notamment, il y a un truc qui m’énerve passablement. Il y a quatre mois, j’ai fait appel à une société informatique pour m’aider sur un problème que j’avais et qui dépassait mes compétences. Depuis, je ne sais pas pourquoi, toute la société en question m’adresse les factures qui n’ont pas été payées depuis des mois et des mois. Les histoires de règlement par mandat administratif, bon de commande et autres subtilités de l’état, je veux bien, ça prend du temps, et c’est long et casse-pied.

Néanmoins, quand je reçois le lundi matin un mail me sommant de payer telle prestation réalisée en janvier 2015, sans quoi ça va barder, ou à défaut de les renseigner sur l’avancement du dossier, ou encore de les envoyer vers le bon contact, la moutarde m’est montée au nez.

Ce à quoi j’ai pu répondre gracieusement :

« Monseigneur,

Loin de moi toute idée de contrarier Votre Magnificence. Nonobstant, je n’œuvrais point encore pour ce brillant creuset de la science au commencement de l’an de grâce 2015, étant donné que j’eus l’insigne honneur d’être recrutée en mai. Bien qu’au désespoir de ne pouvoir accéder à votre requête, je ne saurais trop vous conseiller que de vous adresser à la personne dont le nom, le téléphone et le mail sont inscrits sur ladite facture. En haut. Si si, là, juste à côté du mot « Facture » et « Contact ». Restant votre humble serviteur, je me permets néanmoins de vous recommander d’apprendre donc à lire, ce qui, par la grâce du ciel, vous évitera d’emmerder le monde un lundi matin. Sur ces excellentes paroles, je vous souhaite une exécrable journée, et que des scarabées coprophages viennent dévorer votre cerveau. Cordialement bisous. »

 

 

Mon nouveau travaillement dans la recherche

Mes petits choux à la crème de foie gras et aux truffes,

Il y a quelques semaines, j’ai changé de travail. Vous avez longuement suivi le récit cocasse de mes aventures au sein de mon agence avec les clients farceurs, les délais hilarants et les anecdotes à faire pipi de rire dans sa culotte (au moins). Hé bien c’est fini tout ça. Une amie que j’aime encore plus d’amour fou depuis est venue me voir, elle m’a dit : « Tu fais bien des trucs dans la communication, toi, non? Tu veux pas venir bosser chez nous, on a besoin de quelqu’un, donne ton CV je vais le faire passer. »

Comme je savais pas trop ce qu’elle faisait, j’ai demandé des précisions. C’est un truc hyper intelligent dans le recherche scientifique, avec des mots compliqués genre astrophysique et tout ça que j’ai rien compris, j’avais l’impression que c’était quasiment la NASA.

Après, elle m’a parlé d’un emploi avec un salaire fixe (truc de fou), plus près de chez moi (Djizeuss fini le RER?!?), une bonne ambiance avec des collègues sympas (haaaa!), du vrai travail de communication mais sans stress permanent (hoooo!), et même soyons fous, des jours de congés payés (j’ai failli tomber dans les pommes…). J’avoue qu’à ce stade de dinguerie de la life, j’ai presque espéré qu’elle allait m’annoncer que des licornes broutaient sous les fenêtres du bureau et qu’il y avait une piscine de champagne sur la terrasse, avec des toboggans arc-en-ciel pour sauter dedans depuis un satellite en forme de nuage de sucre candy en orbite. Bon en fait non, mais comme le reste était déjà très bien, j’ai passé mon CV, et puis une chose en entraînant une autre, dans un grand moment d’égarement la direction m’a embauchée.

Depuis, c’est tout un nouveau monde qui s’ouvre à moi. Déjà le premier soir, à 18h, mon chef tout neuf a passé la tête dans mon bureau avec un air stupéfait et m’a tancée vertement : « Mais euh qu’est-ce que tu fais encore là? T’es aux 35h ma cocotte, hein, t’es plus en agence, si tu restes jusqu’à minuit tu seras pas payée plus. Oui je sais, moi aussi j’ai fait de l’agence, c’est perturbant mais on s’habitue. Dehors. »

Du coup je me suis retrouvée chez moi à 18h30. D’habitude, c’était l’heure à laquelle je commençais à me dire : « Bon, s’ils ne m’inventent pas une gaudriole de dernière minute, dans une heure je pars… » (et évidemment ils inventaient toujours une fumisterie de dernière minute, déployant une imagination débordante pour me tenir occupée jusqu’à minuit).

18h30. Chez moi. Le lundi soir. J’ai regardé mon appartement avec un air tout stupéfait, et lui aussi m’a regardée avec l’air de dire « Bon sang mais qu’est-ce qu’elle fout déjà là? ». J’ai alors été frappée d’un vertige, je me suis limite jetée à genoux sur la moquette comme dans les films pour hurler en direction du ciel avec un air désespéré :

« MAIS QU’EST-CE QUE JE VAIS FAIRE DE MA VIE MAINTENAAAAAAAAAAAAANT ? »

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Sérieusement, le lundi ? SÉRIEUSEMENT ?

Bon, c’est lundi du mois de janvier, on se doute tous qu’on est en train de râler d’agonie et de hululer à la mort au milieu du froid, du blizzard et de la presque pas neige qui ne tombe pas encore (mais ça ne saurait tarder, ce qui provoquera une fois de plus l’apocalypse à Paris dès qu’il y aura un demi-centimètre).

Déjà, j’aime autant vous dire que ça me met pas de bonne humeur. Ni lundi, ni janvier, ni la nuit à 17h (rien que ça, ça me déprime), ni le travail, ni le froid, ni RIEN. Je voudrais être un mammifère qui hiberne et dormir 5 ou 6 mois pour bien faire.

Or donc. Tout à l’heure, pendant que je grognonnais dans ma barbe, j’ai commis un acte minuscule aux conséquences pourtant impitoyables.

… J’ai reculé ma chaise de bureau pour me dégourdir le mollet.

Oui oui, vous avez bien lu. L’horreur totale. Mais total glauque et tout, hein.

A cet instant précis, glissant sur la moquette à la vitesse d’un gastéropode poussif, les roulettes ont coulissé mollement. Elles ont entamé une trajectoire sur laquelle, drame, se trouvait la multiprise de sous le bureau. Laquelle, par un hasard malencontreux, se trouvait être renversée sur le côté, allez savoir pourquoi. Laquelle, par soucis d’économie d’énergie, est équipée d’un petit bouton rouge qui brille quand c’est allumé. Laquelle, donc, se faisant frôler par le passage de la roulette, a donc jugé bon que ledit bouton bascule lentement (imaginez le ralenti de cette scène d’horreur, et la musique des dents de la mer en fond pendant que la roulette est en train de faire « Pom pom pom pom pom » sur la moquette). Ça a fait « clic ».

Et d’un coup, mon écran d’ordinateur est devenu tout noir.

Je suis restée la bouche un peu ouverte, la souris en l’air, et la mine interloquée avant que ça monte au cerveau. Le léger « clic » qui s’était à peine fait entendre, c’était l’interrupteur de la multiprise basculé par la roulette de ma chaise. Du coup plus de courant. Du coup plus d’ordinateur. Du coup gagné le droit de recommencer parce que tous les logiciels ne font pas de sauvegarde automatique.

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….

Le lundi, ça devrait être interdit par la convention de Genève.

 

De l’art de mal prendre un compliment

Chers petits chamois d’amour frisottants,

Je vous en ai déjà parlé, dans la vraie vie de tous les jours, je travaille. J’adorerai pourtant que l’interwoueb mondial me paye à écrire des gaudrioles toute la journée, malheureusement je n’en suis pas encore là (d’ailleurs si vous aviez la bonté de répandre la bonne parole à mon sujet, ça m’aiderait, faites un effort que je puisse conquérir le monde, bon sang).

Je m’égare. Donc. Disais-je. J’ai un travail. Et donc des clients et des collaborateurs de travail. Avec certains ça se passe très bien, des périodes plus ou moins faciles mais on avance ensemble. Avec d’autres… Ahem. Disons que mon opinion à leur sujet a subi quelques déconvenues.

Plus jeune, je pensais naïvement que dans le secteur privé, les gens étaient efficaces, se comportaient en adultes responsables s’il y avait un problème, et faisaient de leur mieux parce qu’ils étaient payés pour ça. Oui. Je sais. Mon Dieu, mon dieu, quelle petite créature crédule je faisais… Ce fut évidemment une cruelle désillusion.

Désillusion du monde du travail

Après quelques expériences ubuesques, il y en a un ou deux que je passerai volontiers à la moulinette, après leur avoir tordu le cou de si belle façon qu’on pourrait en faire une vis de pressoir. Quand on se voit, ils me font la bise et tout (ha bah oui on est dans la coooom, chériiiii, tout le monde se tape sur le bide comme si on avait gardé les cochons ensemble)(ça m’agace prodigieusement), or nous savons tous très bien que, si c’était possible, on se ferait manger mutuellement le bidule à enlever les agrafes par les trous de nez.

Ce jour, j’ai reçu un mail d’une de ces personnes avec qui je dirai poétiquement que j’ai des rapports fleuris, après lui avoir rattrapé un dossier un peu pourri. Ça disait en gros: « Merci infiniment Appolonie, tu es vraiment magique. Bonne soirée et encore bravo. »

 

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J’ai failli être contente. Oui. Non. Plutôt oui, mais… Euh. Non. Oui. Sauf que…

J’ai cherché ce que j’avais pu faire comme connerie que je n’avais pas encore détectée. J’ai compulsé tous les mails. Du coup j’ai vérifié les diverses versions dudit projet, sans rien trouver. J’ai soumis la chose à mes collègues les plus directs qui étaient très étonnés.

Finalement on a envisagé de prendre un drone pour espionner le bureau du quidam incriminé, une collègue a insinué qu’il avait probablement été enlevé par les extra-terrestres et que nous avions affaire à un clone, quelqu’un a envisagé qu’il avait eu des vacances de rêve et donc une crise d’amabilité aussi inopinée qu’incroyable, moi j’ai dit qu’il préparait sûrement une méga-vacherie en essayant de détourner mon attention et que tout ceci n’était qu’une diversion machiavélique, et au final mon boss a décrété qu’il aimerait bien qu’on se remette au boulot au lieu de dire n’importe quoi.

Il a ajouté que peut-être, pour une fois, cette personne appréciait notre travail à sa juste valeur, et qu’il fallait en profiter au lieu de le prendre mal.

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Là j’ai réalisé que j’étais devenue complètement parano. Bon. Ok.

Mais n’empêche, c’est ULTRA louche.

 

On touche le fond…

Suite au message précédent, vous aurez sûrement compris qu’on est un tantinet occupés à mon travail, comme qui dirait. (Hahaha, mais lundi c’est loiiiiiin, on a largement le temps)(voir ma théorie sur l’espace temps alternatif des clients)

Tout le monde court partout, c’est la panique de tous les côtés, le téléphone sonne non stop, rien n’est prêt, s’il y avait plus de gens et plus de portes dans l’agence, on pourrait mettre la musique de Benny Hill et filmer sans avoir besoin d’accélérer l’image.

D’un calme olympien, le front ferme face à l’adversité, je gère la situation avec une sérénité qui m’étonne moi-même. Je décroche le téléphone pour la 2844ème fois en répondant sur un ton professionnel que je gère et que je m’occupe de cette 2844ème urgence urgentissime, pas de soucis du tout, je m’occupe de ça pour vous.

(gif avec dédicace spéciale à mon copain Mathieu qui me l’an envoyé au moment même où je pensais le poster)

….

Jusqu’au moment où ma collège du standard a appelé pour dire : « Tu vas rire, je ne sais pas si tu as remarqué mais on n’a plus de mails ni d’internet, là. J’ai contacté le fournisseur ils essaient de réparer mais ils savent pas quand. »

Bienvenue dans la maison des fous

Chers petits chéris d’amour à la crème tout croquignolets,

(oui bah je suis à deux doigts de la dépression donc j’ai besoin d’affection, je vous zute), j’ai pas trop le temps en ce moment mais je le prends quand même pour lâcher du leste, parce que mieux vaut en rire qu’en pleurer.

En ce moment, à mon agence, on prépare pour nos clients l’évènement du siècle, ou plutôt de l’année parce que tous les ans y a un trèèèèès gros salon de tout le secteur, et où ils vont tous en même temps, évidemment, et même si on a relancé 1847 fois pendant 6 mois à l’avance, tout se fait bien entendu à la dernière minute sinon c’est moins drôle.

Il y a encore 15 jours, j’étais en stress total, j’avais envie d’égorger des gens avec les fourchettes en kit de mes salade Sodebo et de brûler des chatons persans.
A chaque fois que j’ouvrais un mail (374 fois par jour) ou que le téléphone sonnait (toutes les 4 minutes en moyenne), ça donnait à peu près ça :

Inutile de vous dire que mes collègues ont pris leur part de ma joie et mon enthousiasme. Je vous jure, j’ai dit tellement de gros mots en laps de temps si concentré que j’aurais fait rougir un régiment de légionnaires comme des premières communiantes tombant par erreur sur un congrès de strip-teaseuses. (Maman, tu n’as rien lu, c’est une erreur spatio-temporelle et je n’ai jamais dit un gros mot de ma vie comme chacun sait).

Là j’en suis à 15 à 16h de boulot par jour, et on est passé à la phase où, à chaque fois que j’ouvre un mail, ça donne plutôt à peu près ça :

D’ailleurs, tout à l’heure, le standiste a envoyé un mail collectif à tous les impétrants (le client, l’imprimeur, nous) pour dire qu’il attendait IMPERATIVEMENT les fichiers pour ce soir, ou alors demain midi dernier délai, et que sinon il répondait plus de rien. Et là mon boss et moi on s’est regardés, on a re-regardé l’écran, on s’est re-regardés, et on a fait ça :

Voui. Bon. C’est pas très gentil pour lui, je sais.

Bref du coup j’ai observé un phénomène intéressant. Passé le pic intense de stress (je me croyais plus de sang-froid que ça, même si je me dis que finalement je n’ai bouffé personne et je n’ai même pas pleuré, je suis une grande fille), maintenant ça devient totalement dégressif alors que l’échéance se rapproche et que la quantité de choses pas prêtes est juste délirante.

A l’heure actuelle, tout doit être prêt lundi, et je pense que mes clients croient à marraine-la-bonne-fée  pour faire un miracle. Voilà voilà, j’ai plus qu’à agiter ma baguette magique et…

… Oups.

En ce moment, ma vie au bureau…

Désolée, en ce moment je ne poste pas beaucoup. J’ai des excuses. Enfin des explications. Pour faire cours, en ce moment dans mon agence on fonctionne suivant cette célèbre citation (illustrée par mes réactions au fur et à mesure que les clients nous rendent de plus en plus fous):

« L’indispensable est fait »
 
 
« L’impossible est en cours »
« Pour les miracles il faudra un délai. »
(et du café, il faut surtout beaucoup de café).
Donc voilà voilà. J’espère que vous profitez bien de l’arrivée du printemps dans la joie et la bonne humeur. J’y retourne. Dans la joie et la bonne humeur aussi (je vais tuer quelqu’un)(mais le tuer dans la joie et la bonne humeur).

Le problème de temporalité prestataire-client

Cher lectorat tout palpité,

Aujourd’hui, je me propose d’aborder avec vous un phénomène récurrent et classique dans mon travail, qui a le don de me mettre hors de moi et de vouloir sacrifier des bébés phoques à satan en les égorgeant avec les dents pour appeler la malédiction la plus noire sur 47 générations.

Là j’expose mon cas particulier mais je suis sûre que tout le monde peut se l’appliquer, et devenir dingue à son tour. Or j’ai eu ce jour une révélation incroyable au sujet de ce soucis majeur dans le monde, à côté duquel Ebola ou la couche d’ozone sont une vaste plaisanterie :

 LE PLANNING

Explication (avec des images parce que j’aime bien les images qui bougent, ça fait chatoyer mes neurones) :

Il était convenu à la base que mon petit client devait valider mes visuels hier soir, parce qu’après je dois faire tout un montage en très très grand parce qu’on imprime ça sur des très très grandes surfaces pour un très très grosse exposition. Or, contrairement à ce que croient souvent les gens avec qui je travaille, en terme de timing, je ne mets pas mes doigts dans mon nez pour faire apparaître toutes les modifications. Figurez-vous que ça demande du travail et donc du temps (scandaleux).

Apparemment, il suffit de tirer un levier et d’appuyer sur un bouton pour que les 283 modifications soient réalisées en un temps records de « dans une petite demi-heure sur mon bureau c’est possible? »

Donc. Validation hier soir et on donne tout à l’imprimeur aussitôt. Evidemment, hier soir, on fait encore des modifications donc on validera le matin. Le matin pas de nouvelles. A midi pas de nouvelles. Là l’imprimeur commence à me téléphoner en poussant des jurons parce qu’on lui avait promis les fichiers le matin. En fait ça fait deux soirs qu’on lui promet le matin alors il commence à avoir des soupçons sur notre parole, un vrai crève-coeur.
A 14h toujours pas de nouvelles, sauf un petit mail sur un connerie qui n’a aucun rapport et aucune urgence. Je commence à envisager de me pendre avec le cordon du téléphone (qui est toujours tirebouchonné et ça m’exaspère prodigieusement) et l’imprimeur commence à proférer des insanités sur moi, mes collègues, mon agence et mon client.
A 16h toujours pas de nouvelles, j’appelle mon boss pour lui annoncer que j’ai décidé de me faire hara-kiri avec la fourchette en plastique de ma pasta box du midi. L’imprimeur aussi envisage de me suicider avec le même instrument.

D’après moi, si on fixe très fort la boite mail ou le téléphone, l’interlocuteur tant désiré le sent et se camoufle en feignant la mort.

A 17h30, mon boss rappelle. Donc en fait on avait pas de nouvelles parce que mon petit client était occupé, je cite, « à faire le tour de tous les services parce qu’il faut que tout le monde puisse quand même découvrir et commenter les visuels avant que ça parte à l’imprimerie »

… D’abord je suis restée un bon moment comme ça de l’autre côté du téléphone :

Et après quand c’est vraiment monté à mon cerveau, je suis passée plutôt en mode comme ça :

Inutile de vous dire que tout le monde ayant donc découvert les visuels à 16h le jour même où c’était déjà sensé être sous les rotatives depuis l’aube, tout le monde a eu une opinion (c’était normal) et des remarques et des corrections, et donc à 18h j’ai reçu un mail long comme le bras avec ce qu’il fallait changer (à peu près tout).

Je laisse à votre imagination le soin de se représenter dans quelle joviale humeur ce petit épisode m’a plongée. Mais ce soir, j’ai eu un éclair de lucidité et d’UN COUP J’AI COMPRIS. Oui oui, d’où vient le problème fondamental et majeur :

NOUS NE VIVONS PAS DANS LE MEME ESPACE TEMPS.

Chez eux, le temps s’écoule lentement et c’est pour ça qu’ils pensent en toute bonne foi en avoir tout plein devant eux, et qu’ils ne comprennent pas pourquoi je deviens hystérique quand on passe à 3 jours dans les dents niveau réalisation.

Parce qu’en fait chez moi la ligne de temps est très très rapide du coup je suis déjà arrivée très loin loin dans le retard du planning. Mais pas eux, en fait, pas dans leur espace temps.

Quand à la ligne temporelle de l’imprimeur je ne vous en parle pas : à l’heure qu’il est il est déjà mort de vieillesse et c’est son arrière-petit-fils qui a repris l’entreprise familiale.

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