Archive of ‘Le joyeux monde de la recherche’ category

Le téléphone vaudou

Mes petites mouflettes à houpette,

Comme dit précédemment, j’ai donc un nouvel emploi dans le fascinant monde de la recherche publique. Des amis, qui baignent dedans depuis un bon moment, m’avaient prédit un tas de choses assez saugrenues, par exemple sur la gestion des personnels, la force d’inertie du système, ou un certain nombre de choses qui fonctionnent de telle façon que les Shadoks n’auraient par renié le schmilblick.

Par exemple, le premier mois, on a oublié de me payer (oui payer les gens c’est très accessoire au début, apparemment). Ou bien je suis sensée bosser sur deux sites, mais je n’ai toujours pas de bureau dans le deuxième site (j’en aurai peut-être un en octobre quand une personne qui doit démissionner va partir, parce qu’apparemment me trouver un bureau et un poste téléphonique, en 3 mois ça n’a pas pu se faire, c’est trop compliqué). Bienvenue dans la maison des fous!

Mais il y a un truc qui surpasse tout le reste.

J’ai un TELEPHONE VAUDOU. Si si si. Parfaitement. Il est sous une influence spirituelle très farceuse, qui provoque des tas de choses aléatoires dans le réseau téléphonique.

Je vous explique. Quand je suis arrivée, on m’a donné un poste téléphonique que j’ai donc branché à la prise murale prévue à cet effet. Deux heures après déjà un coup de téléphone, ce qui me stupéfie car personne ou presque n’avait encore mon numéro. Je décroche : au bout du fil une dame très surprise de tomber sur un timbre féminin, vu qu’elle appelait le portable de son mari (si j’avais été vicieuse, j’aurais braillé un truc du genre « Tu ne le reverras jamais, morue, il était temps que tu saches qu’il m’a fait deux enfants et que désormais il fera sa vie avec moi!!! » avant de lui raccrocher au nez. Juste pour rire. Oui j’ai un humour terrible.)

Nous concluons donc à l’erreur de composition de numéro, désolée de vous avoir dérangée, je vous en prie, au revoir madame bonne journée. Vingt secondes après, paf, rebelote. Elle retente une troisième fois, c’est encore moi. Il s’avère après discussion que son mari bosse dans le labo qui vient de m’embaucher, il a peut-être foiré son renvoi de portable et l’a dirigé vers mon poste. Bon. C’est ballot mais admettons.

En quelques semaines, ça commence à s’accumuler. Mon poste sonne, ce sont des gens qui veulent le service informatique, Madame Duchmol, la comptabilité de la société Schmoldu. La stupeur et la moutarde commence à me monter au nez. Lundi matin, le répondeur clignote et j’ai droit à une scène de ménage enregistrée : « Ha bravo maintenant tu te mets sur répondeur quand j’appelle juste pour pas me parler, c’est dégueulasse, je te préviens tu vas pas t’en sortir comme ça! Tu me dois des explications! ». Suivi d’une salve de noms d’oiseaux. Je n’ai pas osé rappeler pour dire qu’à priori elle s’était adressée au mauvais répondeur…

Enfin ce matin on a touché le pompon: la dame voulait joindre un intérimaire conducteur de poids lourds sur son portable, elle a bien composé le bon numéro de portable qui s’affiche sur son poste, et elle atterrit chez moi, deux fois de suite.

Du coup j’ai la ferme intention de procéder à un désenvoutement (mais j’ai peur que ma collègue de bureau tombe amoureuse de moi, elle vient d’acheter une maison avec son conjoint alors ça m’embêterait un peu…)

marabout-vaudou

 

 

Mon nouveau travaillement dans la recherche

Mes petits choux à la crème de foie gras et aux truffes,

Il y a quelques semaines, j’ai changé de travail. Vous avez longuement suivi le récit cocasse de mes aventures au sein de mon agence avec les clients farceurs, les délais hilarants et les anecdotes à faire pipi de rire dans sa culotte (au moins). Hé bien c’est fini tout ça. Une amie que j’aime encore plus d’amour fou depuis est venue me voir, elle m’a dit : « Tu fais bien des trucs dans la communication, toi, non? Tu veux pas venir bosser chez nous, on a besoin de quelqu’un, donne ton CV je vais le faire passer. »

Comme je savais pas trop ce qu’elle faisait, j’ai demandé des précisions. C’est un truc hyper intelligent dans le recherche scientifique, avec des mots compliqués genre astrophysique et tout ça que j’ai rien compris, j’avais l’impression que c’était quasiment la NASA.

Après, elle m’a parlé d’un emploi avec un salaire fixe (truc de fou), plus près de chez moi (Djizeuss fini le RER?!?), une bonne ambiance avec des collègues sympas (haaaa!), du vrai travail de communication mais sans stress permanent (hoooo!), et même soyons fous, des jours de congés payés (j’ai failli tomber dans les pommes…). J’avoue qu’à ce stade de dinguerie de la life, j’ai presque espéré qu’elle allait m’annoncer que des licornes broutaient sous les fenêtres du bureau et qu’il y avait une piscine de champagne sur la terrasse, avec des toboggans arc-en-ciel pour sauter dedans depuis un satellite en forme de nuage de sucre candy en orbite. Bon en fait non, mais comme le reste était déjà très bien, j’ai passé mon CV, et puis une chose en entraînant une autre, dans un grand moment d’égarement la direction m’a embauchée.

Depuis, c’est tout un nouveau monde qui s’ouvre à moi. Déjà le premier soir, à 18h, mon chef tout neuf a passé la tête dans mon bureau avec un air stupéfait et m’a tancée vertement : « Mais euh qu’est-ce que tu fais encore là? T’es aux 35h ma cocotte, hein, t’es plus en agence, si tu restes jusqu’à minuit tu seras pas payée plus. Oui je sais, moi aussi j’ai fait de l’agence, c’est perturbant mais on s’habitue. Dehors. »

Du coup je me suis retrouvée chez moi à 18h30. D’habitude, c’était l’heure à laquelle je commençais à me dire : « Bon, s’ils ne m’inventent pas une gaudriole de dernière minute, dans une heure je pars… » (et évidemment ils inventaient toujours une fumisterie de dernière minute, déployant une imagination débordante pour me tenir occupée jusqu’à minuit).

18h30. Chez moi. Le lundi soir. J’ai regardé mon appartement avec un air tout stupéfait, et lui aussi m’a regardée avec l’air de dire « Bon sang mais qu’est-ce qu’elle fout déjà là? ». J’ai alors été frappée d’un vertige, je me suis limite jetée à genoux sur la moquette comme dans les films pour hurler en direction du ciel avec un air désespéré :

« MAIS QU’EST-CE QUE JE VAIS FAIRE DE MA VIE MAINTENAAAAAAAAAAAAANT ? »

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