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Revenez me parler au printemps. D’ici là, c’est pas la peine.

Je sais, je sais, il fait beaucoup moins froid que l’hiver dernier, il n’y a même pas eu de neige en région parisienne, bref on devrait pas se plaindre. Mais bon…

J’ai proposé à ma boss de me faire un petit terrier sous la fenêtre du bureau, un joli tout rond creusé dans le sol et tapissé de fleurs et d’herbes séchées. J’aurais pu y dormir tout l’hiver bien au chaud et ressortir au printemps, fraîche et dispose pour affronter les clients farceurs.

Elle a dit non.

Depuis, je suis désespérée et je ne manque pas de geindres sur les intempéries tout en grelottant bruyamment (avoir le grelottement bruyant c’est tout un art).

Chaque année, le drame des cadeaux de Noël…

Ca va faire 30 ans que je réclame un poney et un tour de potier à Noël, et c’est encore raté. (à force d’insister et de provoquer mes parents, je vais me retrouver un jour avec un vrai poney dans mon appartement et là j’aurais l’air bête).

J’espère que vous avez passé un joyeux Noël plein de dinde, de foie gras, d’indigestion et de tout ce qui va avec, et je vous souhaite aussi une bonne année par la même occasion, ô lecteurs fidèles.

Gare de Massy-Palaiseau, RER B, quai bondé, un soir comme un autre…

« MESDAMES, MESSIEURS, suite à un problème de signalisation / une alerte sécurité / des conditions climatiques défavorables / des difficultés de circulation / des problèmes de régulation du trafic/ des retards et des suppressions sont à prévoir sur la ligne du RER B dans les deux sens. La RATP s’excuse pour la gêne occasionnée et vous remercie de votre compréhension. »

… Je ne sais pas si ça se sent, mais je ressens parfois une certaine lassitude vis à vis des transports parisiens…

Cette oeuvre palpitante a été établie grâce à une suggestion de ma collègue et amie Manu, à qui je dédicace tout spécialement cette création, pour les attentes de nos trains dans le froid, la lassitude, et dieu merci parfois la bonne humeur (hystérique) que nous partageons dans ces moments-là . 😀

Pour la rentrée, échange d’amabilités

Chers amis, après des vacances bien méritées et particulièrement improductives, nous voici tous de retour sur le chemin du travail. Je diras bien « dans la joie et la bonne humeur », mais ce serait peut-être présomptueux. Pour essayer d’égayer un peu cette période difficile, voici donc que je vous poste une nouvelle leçon de bonnes manières.
Ne me remerciez pas, j’ai reçu une très bonne éducation (le premier parmi mes connaissances qui crie « on dirait pourtant pas! », je proteste la bouche pleine avant de me moucher dans la nappe devant tant de haine).

« Loge im Sofiensaal, » de Josef Engelhart, 1903.

Retard, mouvement social et autres gaudrioles de la SNCF

Ceci est tiré de faits tout à fait réels, rancuniers et vindicatifs. J’assume.

… et encore, j’y ai pas mis le gros monsieur rougeaud qui beugle « ha bah pour aller à Auschwitz en 40 y avait du monde, hein, mais là plus personne, sales communistes! » (je vous jure que je n’invente rien)(la RATP et le RER me rendent dingue, mais pas à ce point là quand même)(quoi que ça ne saurait tarder). Après tout le monde devait descendre du train qui n’allait pas plus loin, et il a tiré le signal d’alarme en ajoutant « tiens, voilà pour ces petits cons, ils repartiront pas de sitôt tirer au flanc! »
S’il n’y avait pas eu 284 personnes entassées entre lui et moi, je crois que je l’aurais mordu en visant la jugulaire. Ou plutôt je l’aurais enfermé dans la cabine du conducteur pour qu’ils s’entre-tuent. Parce que des fois il faut aider le darwinisme à faire son œuvre et… QUI A DIT « GROSSE AIGRIE » DANS LE PUBLIC?

« En écoutant Beethoven » de Lionello Balistrieri,
 Médaille d’or de l’Exposition Universelle de Paris en 1900, Musée de Turin

Oui bah quand il neige il faut bien s’occuper…

Gabriel de Cool, « La Muse », 1895

Voilà voilà, il a neigé à Paris à peu près 10cm donc comme d’habitude c’est l’apocalypse, à tel point que je suis restée chez moi pour travailler à la maison, mon patronnat ayant conclu qu’il était peu rentable que je passe 3h à arriver au bureau et que j’en reparte tôt pour pas y passer la nuit.

Comme tout le monde, y compris mes clients, en a fait autant (ou alors ils sont encore coincés sur la route, dans un RER bloqué, et les loups ont dévoré depuis longtemps leur mollet congelés), ben je m’embête un peu au final. Je crois que je vais aller faire une pyramide avec les Miel Pops, tiens…

Et vous, quel avant-goût de la fin du monde a été déclenché dans votre secteur, si vous avez eu de la neige?

Le travail de graphiste, une journée ordinaire tarif maison des fous

Francisco de Goya, « Le sabbat des sorcières », 1820, Madrid, Musée du Prado

Des fois j’aime bien mon métier. Et puis des fois, certains clients se lâchent avec une extraordinaire coordination, te harcèlent toute la journée (ça peut durer aussi plus longtemps sur un gros projet), et souvent ils s’arrangent pour aller de façon croisée et exponentielle dans l’emmerdement, tous en même temps, comme s’ils s’ingéniaient à te faire péter un boulon.

Ma théorie, c’est qu’ils font un concours collectif pour voir à quel moment je vais convulser sur la moquette du bureau, en bavant de rage et en hurlant des insanités qui feraient rougir jusqu’au blanc des yeux un régiment de légionnaires.

Comme je suis bien élevée et commercialement optimisée, je suis toujours charmante au 2837ème appel de la journée et je leur promets que pas du tout, ça ne m’embête pas, je vais faire cette 2837ème petite modification et je leur envoie ça aussi vite que possible.

Comme je suis un être humain normal, dès que j’ai raccroché je beugle que ce sont des connards laqués et qu’ils aillent tous se faire empapaouter par des cactus frottés au pili pili. (pardon Maman)(mais ils l’ont bien cherché).

Un jour, ma collègue s’est plantée devant mon bureau pour me dire subitement :

Jacob Heinrich Füssli (1741-1825). Lady Macbethsomnambule. Huile sur toile, 1781-1784.

 

 

Après quoi, sans attendre de réponse à cette question hautement mystique (oui à ce stade, je trouve ça mystique), elle a fait demi-tour et est retournée à ses occupations.

Ca m’a fait réfléchir pendant des mois : quel était le sens de cette question ? Pourquoi me l’avoir posée? Fait-elle souvent des feux avec des bananes, chez elle, le dimanche ?

Après avoir abondement ricané, mes amis et moi avons conclu que les bananes, elle les fumait et que ça expliquait bien des choses.

….

Bon, n’empêche, des fois je me demande si j’attire les collègues et les clients complétement jetés, ou si c’est juste que je les remarque plus bruyamment que tout le monde. Je sais que vous avez sûrement des collègues complétement jetés (à vos anecdotes, lecteurs prolifiques!), c’est juste que j’ai souvent l’impression d’avoir récolté le dessus du panier. Ou le dessous, question de point de vue.

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