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Déni, Colère, Marchandage, Dépression, Acceptation – Les 5 étapes du deuil en Thalys farceur

Mes petits chats maladroits,

L’autre jour j’ai vécu un loooooooooong périple plein de rebondissements, d’aventures, de retournements de situation et de suspens. Un truc de dingue. Si si. Entre Paris et Bruxelles, j’ai fait de véritables montagnes russes émotionnelles en l’espace de quelques heures. Je vous raconte.

Comme j’ai quelques amis chers à mon cœur au pays bienheureux de la bière et la frite, je vais régulièrement les visiter à Bruxelles. Normalement il faut : 30 minutes de chez moi à la Gare du Nord, 1h15 de trajet en Thalys, 15 minutes pour arriver chez eux. On va dire à peu près 2 grosses heures.

Lundi matin, 9h : les copains bienheureux partent bosser, moi je vais à la gare prendre le train pour 11H. En marchant pas trop vite et en prenant un café, plus le temps de passer les contrôles sécurité, ça me fait attendre un peu mais c’est très tolérable.

Là où ça commence à se gâter, c’est quand on a vu qu’il y avait de fortes perturbations sur le Thalys à cause d’un acte de malveillance sur les câbles des lignes grande vitesse, et que les trains de 7h et 8h étaient retardés voire supprimés.

J’arrive à la gare à 9h30 (à pied parce qu’il y avait des problèmes de métro, ça commençait bien). Je décide d’aller m’installer au lounge Thalys, un endroit très bien, tu peux attendre au chaud avec des journaux et du café, au lieu de poireauter dans le hall de la gare. Ça se gâte fortement. Les trains sont supprimés les uns après les autres. Commençant à pressentir les problèmes, je vais consulter la charmante dame de l’accueil du lounge : le train de 11h13, le mien donc, est maintenu à priori. Bon.

Le déni

Je monte sur le quai, bien en avance à cause des contrôles de sécurité renforcés. Le gag, c’est que tous les trains de la matinée ont été supprimés, donc les voyageurs restés en rade ont le droit de monter en vrac dans le train qui arrive. Je vous raconte pas l’ambiance. Mais moi j’ai un billet, haha! Voiture 7 place 48.

Stupeur : quand le train arrive avec 20 bonnes minutes de retard, il y a deux rames, chacune ayant des voitures numérotées de 14 à 20. La voiture 7 n’existe pas. Le temps que je cours d’un côté, de l’autre, que je trouve un contrôleur pour lui demander où est cette satanée voiture, et qu’il m’explique que « désolé madame la gestion des places assises n’a pas pu être faite », tous les wagons ont été pris d’assaut par une horde de voyageurs enragés. On me ferme la porte sous le nez « pour des questions de sécurité » après avoir obligé des gens vociférants à ressortir du train beaucoup trop plein.

Au final le train part. Sans moi. Je reste stupéfaite sur le quai, mon ticket à la main, à me demander si cette scène surréaliste a bien eu lieu. Mais…mais… mais qu’est-ce qui s’est passé là ?

La colère

Le contrôleur me promet que le train de 12h13, qui n’est donc plus que dans 40 minutes, va passer et m’emmener à Paris. Je redescends au lounge, essayant de me raisonner de façon philosophique. J’entame mon déjeuner, au moins ça m’occupe, j’ai envie d’enfoncer le chou kale dans les oreilles du contrôleur qui repasse avec un air contrit.

J’entends les gens qui arrivent interroger la dame de l’accueil, qui répète en boucle qu’elle ne peut rien nous assurer tant que le central n’a pas confirmé les trains. Le train serait à Rotterdam. Il y a de fortes intempéries qui l’empêchent de rouler à pleine vitesse. Du coup il va finalement peut-être être là, mais peut-être un peu en retard. Un peu beaucoup. Mais c’est pas sûr.

Je commence à franchement trouver le temps long. Accessoirement s’il y a bien une chose dont je n’avais pas envie en ce moment suite aux attentats à Paris, c’était rester des heures dans une gare avec des policiers et des militaires partout. Du coup je commence une petite crise d’angoisse histoire de rire (oui bah on s’occupe comme on peut).

La dame de l’accueil continue ses annonces. Haha vous allez rire… euh en fait, le train de 12h13 est supprimé, surprise! Cocasse non? Le prochain sera à 13h15, allez allez, c’est presque pareil! Promis il sera là! Si si si si… Siiiiiii… siiiii avec un peu de retard parce que bon voilà quoi c’est compliqué. Mais pas plus de 50 minutes. Trois fois rien en somme. Ou peut-être euuuh plutôt 2h. En fait on sait pas, mais pas à l’heure en tous cas.

Après 382 annonces contradictoires, je suis en train d’inspirer/expirer compulsivement dans un sac en papier pour libérer mes putains de bordel de chakras, et j’ai les sinus rabotés par toute la moutarde qui m’est montée au nez de façon explosive. Je serai même prête à assaisonner des rognons à la moutarde avec l’anatomie des gestionnaires du Thalys et mes narines.

Le marchandage

Après être retournée interroger 12 fois la dame de l’accueil, je crois qu’elle n’en peut plus de me voir. A force de harcèlement, elle finit par m’expliquer qu’il y aura 2 rames, dont une qu’on attend en provenance d’Amsterdam. Je prends mes grands yeux innocents et mon air le plus cordial pour lui demander si, par hasard, l’autre rame ne serait pas déjà à Bruxelles ? Déjà en gare peut-être ? Avec réticence, elle finit par prendre son talkie-walkie, interroge un collègue qui confirme ce que je soupçonnais : il y a bien une rame déjà à quai sur la voie 6. Et que oui, bon, si les gens demandent, ils peuvent venir s’installer.

Je roule un patin à la dame de l’accueil, très surprise par ce goût de moutarde, et je pars en courant. Joie et bonheur, il y a bien une rame à quai, je saute dedans .

La dépression

A 13h15 je suis donc installée dans le train, qui est affiché avec « juste » 50 minutes de retard. Une dame du personnel de bord passe et explique qu’en fait on attend de savoir si on pourra prendre les voix rapides ou pas. A un moment on annonce un départ dans environ 10 minutes, avec seulement 1h30 de trajet : c’est quasiment la fête!!! Mon espoir renaissait de réussi à rentrer un jour chez moi. Naïve créature que je suis…

Le monsieur d’à côté commence à éternuer comme un taré toutes les 2 minutes en moyenne, genre trompette de Jéricho, avec une régularité particulièrement crispante. Une mamie tape des sms pour prévenir ses proches du retard en grommelant, et comme elle n’a pas mis le téléphone en silencieux ça fait « tut », « tut », « tut » à chaque fois qu’elle appuie sur une touche. Derrière, le personnel du wagon bar se met à hurler parce que la cuisine n’est pas du tout prête, et que c’est pas des conditions pour bosser, genre gros craquage nerveux. On annonce finalement plutôt 1h30 de retard. Les prises de courant ne fonctionnent pas à cause d’un problème d’alimentation, mon kindle et mon téléphone sont en train de rendre l’âme. La dame cadre dynamique cinquantenaire en face de moi vocifère à chaque annonce en essayant de prendre tout le wagon à témoin, décroche son téléphone toutes les 5 minutes et vitupère contre le Thalys auprès de chaque interlocuteur. En fait, ce sera plutôt 2h de retard.

Je suis roulée en boule dans un coin, l’œil hagard et le menton tremblant. Tous ces retards mis bout à bout de 15 en 20 minutes ont eu raison de moi. Je veux rentrer à ma maison, je veux ma maman et des coquillettes au jambon, et aussi mon ours en peluche, j’en peux plus. J’imagine l’enfer comme une loooooooooongue journée d’attente d’un train qui ne partira jamais. Avec des retards qui se mettent bout à bout, pour l’éternité.

A un moment le train part, je me redresse dans mon siège, l’espoir renaît en moi… il fait 50 mètres, s’arrête, et reste immobile. Je m’effondre en sanglotant dans mon fauteuil, ils n’ont pas le droit de faire ça, non, pas le droit, c’est de la torture morale, bande de salauds!

Seul signe de combativité encore présent en moi : j’espère dans une prochaine vie, après avoir péri de contrariété dans ce train, rétablir la torture et la peine de mort à l’encontre de saccageurs de câbles de lignes grande vitesse. Et ils iront à l’échafaud en Thalys. Avec un délai annoncé toutes les 15 minutes pour jouer avec leurs nerfs.

L’acceptation

J’ai arrêté de surveiller l’heure. De toute façon ma batterie de téléphone est morte, celle du kindle aussi, et je n’ai pas de montre. Le train avance la plupart du temps comme un vieux brontosaure asthmatique et unijambiste atteint de gangrène aux mollets. J’ai recompté 17 fois le nombre de rayures sur le revêtement du siège. Je suis totalement résignée à mon sort, je vais mourir d’ennui et de désespoir dans ce train. Je n’ai même plus le courage de sauter à la gorge du contrôleur qui passe vérifier les billets, au péril de sa vie en l’occurrence vu les regards furibards qui suivent tout membre du personnel Thalys.

J’ai dépassé ce stade, je n’ai même plus de haine pour lui. Adieu, monde cruel, je suis à jamais séparée de tes vicissitudes. J’ai atteint la sagesse. Toute émotion est morte en moi.

Conclusion :

Au final, il se passera trois loooongues heures avant que nous arrivions à Paris. Je crois que jamais un voyageur n’a été aussi ému et soulagé d’être à la gare du Nord. J’en pleurerai presque de soulagement et j’ai envie de m’agenouiller pour embrasser le sol de France que je n’espérais plus jamais voir.

Quand j’ouvre enfin la porte de mon chez moi, il est presque 19h, sachant que je suis donc partie de chez les zouaves à 9h, décalquant un nouveau record de grand n’importe quoi du trajet. Même au Vietnam je n’ai jamais réussi à multiplier le temps de voyage annoncé par 5 (c’est arrivé par 3 et c’était déjà un peu long).

J’en arrive donc à cette habile conclusion, au moment de ramper vers mon lit pour y agoniser en paix : afin de ne plus revivre cette journée infernale, plus JAMAIS je sors de ma maison. JA-MAIS.

 

 

 

 

La réunion de l’enfer, ou comment j’ai failli planter mon bic dans une narine (pas la mienne).

J’ai fait 2h de réunion et là, je vous jure, en sortant, j’ai eu des envies de cogner des gens. Mais vraiment.

Il y a un projet où, comme j’ai de vagues connaissances en la matière, on m’a demandé de venir mettre mon nez, pour jeter un œil et donner mon avis, parce que ça fait 6 mois que ça n’avance pas. Normalement c’est pas ma structure, pas mon département, et certainement pas mon boulot, mais comme je suis sympa, j’ai dit oui à titre consultatif.

On vient de faire 2h de réunion pour rien, en fait. Mais vraiment. Je m’en étrangle de rage pour ne rien vous cacher. Il y un quidam qui devrait gérer ça, mais en fait non, ça ne doit pas l’intéresser, ou il a sûrement des choses beaucoup plus palpitantes à faire. Donc il vient, il laisse le directeur s’occuper de tout pendant qu’il pianote sur son ordinateur. En fait il a passé 2h à empêcher la réunion d’avancer en faisant des remarques, qui, à part monopoliser l’attention sur lui et faire croire qu’il participe, n’ont aucun intérêt. Mais vraiment aucun. Du style « Y a une faute de frappe à la ligne 12, là, non il faut le signaler, parce que vous comprenez, on commence comme ça, et après le reste du laxisme blablablabla » ou bien « Moi je trouve l’image un peu grosse, il faut penser aux gens qui consultent ça sur une tablette ou un smartphone, sinon, après, ils voient moins bien, et du coup blablablablabla ».

J’avais envie de lever la main, d’obtenir l’attention publique, et de dire posément : « Est-ce que quelqu’un se rend compte qu’il monopolise 8 personnes pour un projet dont il aurait dû se charger, parce que c’est SON TAF, et que non content de ne pas le faire, il fait perdre du temps et empêche de bosser des gens qui ont peut-être, eux, du travail qu’ils essaient de faire correctement? Enfin, je sais pas, hein, mais est-ce que quelqu’un est bien CONSCIENT DE CE QUI SE PASSE ICI OU C’EST JUSTE MOI? »

J’ai failli lui enfoncer mon bic dans le cerveau, via la narine, juste pour qu’il se taise. Vraiment. Mon regard s’est porté sur mon bic… Sa narine… J’ai commencé à faire des calculs de trajectoire pointe-du-bic-narine-de-la-cible…

Ce qui m’a fascinée, c’est le moment où il a interrompu le directeur du département (qui ne devrait même pas être là, parce qu’il devrait pouvoir déléguer ce projet sans s’en occuper), pour dire un truc du style « Ha oui, au fait, Machine, il me faudrait ça, il faudra que tu le fasses. – Mais euh, pour cette future version du projet sur laquelle on bosse ? Je comprends pas.
– Ben non, sur l’actuelle, mais bon je te le dis pendant que j’y pense. »

Fa-sci-nant. A aucun moment, on ne lui a dit : « Oyez, oyez, règle de base, de bon sens et de courtoisie à la fois :  tu n’interromps pas la discussion de 8 personnes juste pour dire le premier truc qui te passe par la tête à ta voisine. Tu le notes sur ton carnet, et tu lui en parles après la réunion. Donc, tu la fermes. Merci. »

Et là où il est vraiment hyper fort, c’est quand on est arrivé à la fin, et où après avoir donc passé 2H à raconter des énormités plus grosses que lui, il a conclu brillamment par :

« Donc on va faire venir un prestataire externe qui va se charger de faire le boulot pendant 3 jours. »

Moi, intérieurement : bravoooooo c’est exactement ce que je leur avais déjà dit de faire il y a 6 mois...

« J’aimerais mieux qu’il vienne travailler sur place, qu’on vérifie s’il est compétent. »

Moi, toujours intérieurement : et je me demande bien comment tu vas vérifier ça vu que tu es toi-même totalement incompétent en la matière…

« De la sorte, il pourra en profiter pour former Machine et Appolonie, comme ça elles s’en chargeront à l’avenir. »

Moi : Ouais ouais c’est ça cause toujours tu… Hein… Quoi… Attends… Mais qu’est-ce que …  Attends mais qu’est-ce qu’il vient de dire de qui va être formé à quoi là !?!?

Là… là… J’ai failli me lever et l’acclamer. Je regrette, à un point que vous n’imaginez pas, de ne pas m’être mise debout pour applaudir, avec force et éclat, cet instant magique : il ne fait pas son boulot, il se débrouille pour tout refourguer à d’autres, il empêche les malheureux désignés d’office d’avancer à force de noyer le poisson. Et, stade ultime, il se débrouille pour essayer de me fourguer une partie du travail alors que je ne fais même pas partie de sa structure et que je n’ai rien à y faire.

Ce jour, j’ai reçu une grande leçon professionnelle. Je pensais pourtant en avoir vu des vertes et des pas mûres en bossant en agence de com. J’ai dû réviser avec humilité mon opinion, car, non, je n’ai pas tout vu, et je dois me faire à l’idée que le monde du travail parviendra toujours à m’étonner.

Tant de suffisance et d’incompétence mêlées à une outrecuidance pareille… Moi je dis, chapeau, l’artiste.

Le jour où tout a basculé

Mes petites outardes à moutarde,

Un jour, il s’est passé un truc affreux. Quand on est plus jeune, on a des tas d’idées sur ce qu’on fera ou ne fera pas plus tard. Après la vie te colle quelques tartes, et, comme disait mon professeur de SES au lycée, « prendre une énorme gifle a le mérite de vous faire tourner la tête et de diriger votre regard vers de nouveaux horizons ». Du coup tu changes d’avis. Ou tu commences à faire des choses que tu n’aurais pas faites avant.

Déjà, un jour, j’ai commencé à faire du sport. On en a parlé déjà (enfin c’est surtout moi qui parle évidemment), ça m’a un peu traumatisée vu que j’avais braillé pendant 15 ans que les baskets qui réussiraient à se coller à mes pieds n’étaient pas encore nées. J’ignorais alors qu’une race mutante d’affreuses baskets, aux couleurs douteuses « vert menthe à l’eau et rose saumon avec des liserés blancs », proliférait dans l’ombre avec des petits ricanements machiavéliques pendant que le darwinisme de l’espèce se réjouissait de cette évolution suprême pour que je tombe dans leur piège.

En plus je me suis mise à manger à peu près sainement en même temps, donc là on avait touché le fond. Je vous raconte pas, j’ai dû avouer à tous mes amis que je m’étais mise à faire du sport, parce que forcément ça se voyait un peu que j’avais moins de gras (j’avais honte, mais honte!). Mon ancien colocataire m’a insultée en repensant à toutes les fois où il avait essayé en vain de me motiver à bouger mes fesses, et où j’avais répondu non, des grimaces ou des gros mots (ou les trois). Bref, je pensais que j’avais atteint le summum de la vie saine et sportive en ce qui me concernait, et j’en étais la première surprise.

Mais comme dirait un ami, « quand on a touché le fond, on peut toujours prendre une pelle et creuser ».

J’ai décidé de mettre mon réveil un peu plus tôt ces derniers temps, pour arrêter de devoir sauter dans mes fringues et le dentifrice, et de partir en courant avec la cuillère du thé dans l’oreille pour être à l’heure au boulot. C’est pas mal en fait. Je prends mon petit déjeuner au lit tous les matins (hahaha la décadence!) en bouquinant et en buvant mon thé. J’aime bien.

Et puis c’est devenu carrément malsain. Un matin, je me suis levée, je me suis dit « bon il est tôt, il fait beau, allez hop je vais mettre mes baskets et trotter un peu. » Du coup j’ai mangé une banane, enfilé mes habits de lumière, et j’ai fait un petit footing de 30 minutes avant de revenir finir mon petit-déjeuner, de prendre une douche et de me pomponner pour aller au bureau. Le pire, c’est que j’ai recommencé plusieurs fois. Après je me suis rendue compte que je préférais courir le matin avant d’aller bosser, plutôt que le soir en rentrant, alors j’ai continué sur cette lancée.

Maintenant, je suis une fille sportive qui va courir 2 ou 3 fois par semaine le matin quand il fait encore un peu nuit. Moi qui avais passé 10 ans à ricaner que le burger c’est la vie, 10 ans à répéter que le sport c’est mauvais pour la santé, 10 ans à brailler que l’eau ça fait rouiller… Si ça continue comme ça, je vais finir par devenir une hippie végane et yogiste qui quittera tout pour aller cultiver des graines d’alfalfa (le simple fait que je connaisse le mot alfalfa me consterne totalement)(c’est pas une blague ça existe vraiment) dans une ferme écolo-autonome au fond de la Drôme.

Ce qui me rassure un peu, c’est que le mojito qui me fera reculer n’est pas encore né. Haha.

… Ho merde dans 10 ans je milite dans une ligue anti-alcool… 

 

 

Le téléphone vaudou

Mes petites mouflettes à houpette,

Comme dit précédemment, j’ai donc un nouvel emploi dans le fascinant monde de la recherche publique. Des amis, qui baignent dedans depuis un bon moment, m’avaient prédit un tas de choses assez saugrenues, par exemple sur la gestion des personnels, la force d’inertie du système, ou un certain nombre de choses qui fonctionnent de telle façon que les Shadoks n’auraient par renié le schmilblick.

Par exemple, le premier mois, on a oublié de me payer (oui payer les gens c’est très accessoire au début, apparemment). Ou bien je suis sensée bosser sur deux sites, mais je n’ai toujours pas de bureau dans le deuxième site (j’en aurai peut-être un en octobre quand une personne qui doit démissionner va partir, parce qu’apparemment me trouver un bureau et un poste téléphonique, en 3 mois ça n’a pas pu se faire, c’est trop compliqué). Bienvenue dans la maison des fous!

Mais il y a un truc qui surpasse tout le reste.

J’ai un TELEPHONE VAUDOU. Si si si. Parfaitement. Il est sous une influence spirituelle très farceuse, qui provoque des tas de choses aléatoires dans le réseau téléphonique.

Je vous explique. Quand je suis arrivée, on m’a donné un poste téléphonique que j’ai donc branché à la prise murale prévue à cet effet. Deux heures après déjà un coup de téléphone, ce qui me stupéfie car personne ou presque n’avait encore mon numéro. Je décroche : au bout du fil une dame très surprise de tomber sur un timbre féminin, vu qu’elle appelait le portable de son mari (si j’avais été vicieuse, j’aurais braillé un truc du genre « Tu ne le reverras jamais, morue, il était temps que tu saches qu’il m’a fait deux enfants et que désormais il fera sa vie avec moi!!! » avant de lui raccrocher au nez. Juste pour rire. Oui j’ai un humour terrible.)

Nous concluons donc à l’erreur de composition de numéro, désolée de vous avoir dérangée, je vous en prie, au revoir madame bonne journée. Vingt secondes après, paf, rebelote. Elle retente une troisième fois, c’est encore moi. Il s’avère après discussion que son mari bosse dans le labo qui vient de m’embaucher, il a peut-être foiré son renvoi de portable et l’a dirigé vers mon poste. Bon. C’est ballot mais admettons.

En quelques semaines, ça commence à s’accumuler. Mon poste sonne, ce sont des gens qui veulent le service informatique, Madame Duchmol, la comptabilité de la société Schmoldu. La stupeur et la moutarde commence à me monter au nez. Lundi matin, le répondeur clignote et j’ai droit à une scène de ménage enregistrée : « Ha bravo maintenant tu te mets sur répondeur quand j’appelle juste pour pas me parler, c’est dégueulasse, je te préviens tu vas pas t’en sortir comme ça! Tu me dois des explications! ». Suivi d’une salve de noms d’oiseaux. Je n’ai pas osé rappeler pour dire qu’à priori elle s’était adressée au mauvais répondeur…

Enfin ce matin on a touché le pompon: la dame voulait joindre un intérimaire conducteur de poids lourds sur son portable, elle a bien composé le bon numéro de portable qui s’affiche sur son poste, et elle atterrit chez moi, deux fois de suite.

Du coup j’ai la ferme intention de procéder à un désenvoutement (mais j’ai peur que ma collègue de bureau tombe amoureuse de moi, elle vient d’acheter une maison avec son conjoint alors ça m’embêterait un peu…)

marabout-vaudou

 

 

L’impardonnable faute de goût sportive

A un moment, je ne sais pas si ce sont les effets délétères de la trentaine, je me suis mise à faire du sport, ce qui était quand même une drôle d’idée.

Mon adolescence a été une longue suite mortifiante de grands moments de ridicules, entrecoupés de réguliers passages de béquilles, plâtres et autres straps en tous genre. Ma mère avait coutume de dire qu’entre mes frères et moi, la voiture familiale aurait pu se rendre aux urgences en pilote automatique, et que l’hosto aurait quand même pu nous faire un prix de gros ou à défaut une carte d’abonnement familial (le jour où elle y est allée pour elle-même suite à un accident domestique, le chef du service a demandé quel enfant elle amenait aujourd’hui, et confronté à l’inhabituel, il a tellement ricané qu’il a failli en devenir incontinent instantanément).

Passé cette faste période d’enrichissement des industries pharmaceutiques et d’agrandissement du trou de la sécu, je me suis refusée à la moindre activité physique pendant des années. Tout ça était beaucoup trop sain pour moi, j’emmerdais notre système nombriliste à abdos découpés, les béquilles, et mon gras et moi nous portions très bien merci. Mes poumons de fumeuse aussi, non madame, je n’ai pas l’intention d’arrêter, et encore moins de me mettre à faire du sport. Et puis quoi encore. Ca va hein, 10 ans de plâtres et autres joyeusetés m’ont suffi, pas de ça chez moi. Tsssss.

Donc je ne m’explique pas trop comment j’en suis arrivée à me dire : bon, allez mémére, bouge un peu tes fesses et mets des baskets. Déjà il a fallu que je m’achète des baskets, parce que c’était un truc qui avait déserté mes placards depuis longtemps. Bonjour la perplexité en arrivant dans le magasin de sport, face à ces rayons emplis de choses fluos et hyper techniques. Sans cuir et sans talon. L’horreur. Imaginez Jacquouille la Fripouille débarquant chez Décathlon  : « Rhaaa messiiiire, un entrepôt du diaaaable, c’est tout caoutchouté et y a point de chausses talonnéééées! »

De saisissement, j’ai acquis la première paire de baskets blanches qui passait et je me suis sauvée en courant avant qu’un vendeur diabolique ne me mette la main dessus. Quelques mois plus tard, ma motivation n’ayant pas flanché (je crois que c’est ce qui m’étonne le plus), j’ai constaté qu’acquérir de vraies chaussures de bonne qualité serait plus sympa pour mon dos et mes articulations. J’ai repéré le modèle que je voulais, et je l’ai dégoté sur un site de déstockage à prix défiant toute concurrence.

Quand le colis est arrivé,  j’ai ouvert la boite et j’ai compris pourquoi elles étaient soldées à ce point là. Je veux dire… On m’a déjà expliqué que les trucs de sport étaient flashy pour qu’on soit visible de loin… Enfin quand même… Tout ce rose saumon avec ce vert menthe à l’eau, ces rayures blanches, ce fluo… je me demande : est-ce qu’à votre avis, ils recrutent chez les stylistes sportifs uniquement des gens daltoniens, borgnes et presbytes qui prennent de la drogue?

Non parce que soyons honnêtes : j‘ai vraiment l’impression d’avoir aux pieds des péniches qui auraient fauté sous acide avec un cacatoès drag queen.

 

De l’art de mal prendre un compliment

Chers petits chamois d’amour frisottants,

Je vous en ai déjà parlé, dans la vraie vie de tous les jours, je travaille. J’adorerai pourtant que l’interwoueb mondial me paye à écrire des gaudrioles toute la journée, malheureusement je n’en suis pas encore là (d’ailleurs si vous aviez la bonté de répandre la bonne parole à mon sujet, ça m’aiderait, faites un effort que je puisse conquérir le monde, bon sang).

Je m’égare. Donc. Disais-je. J’ai un travail. Et donc des clients et des collaborateurs de travail. Avec certains ça se passe très bien, des périodes plus ou moins faciles mais on avance ensemble. Avec d’autres… Ahem. Disons que mon opinion à leur sujet a subi quelques déconvenues.

Plus jeune, je pensais naïvement que dans le secteur privé, les gens étaient efficaces, se comportaient en adultes responsables s’il y avait un problème, et faisaient de leur mieux parce qu’ils étaient payés pour ça. Oui. Je sais. Mon Dieu, mon dieu, quelle petite créature crédule je faisais… Ce fut évidemment une cruelle désillusion.

Désillusion du monde du travail

Après quelques expériences ubuesques, il y en a un ou deux que je passerai volontiers à la moulinette, après leur avoir tordu le cou de si belle façon qu’on pourrait en faire une vis de pressoir. Quand on se voit, ils me font la bise et tout (ha bah oui on est dans la coooom, chériiiii, tout le monde se tape sur le bide comme si on avait gardé les cochons ensemble)(ça m’agace prodigieusement), or nous savons tous très bien que, si c’était possible, on se ferait manger mutuellement le bidule à enlever les agrafes par les trous de nez.

Ce jour, j’ai reçu un mail d’une de ces personnes avec qui je dirai poétiquement que j’ai des rapports fleuris, après lui avoir rattrapé un dossier un peu pourri. Ça disait en gros: « Merci infiniment Appolonie, tu es vraiment magique. Bonne soirée et encore bravo. »

 

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J’ai failli être contente. Oui. Non. Plutôt oui, mais… Euh. Non. Oui. Sauf que…

J’ai cherché ce que j’avais pu faire comme connerie que je n’avais pas encore détectée. J’ai compulsé tous les mails. Du coup j’ai vérifié les diverses versions dudit projet, sans rien trouver. J’ai soumis la chose à mes collègues les plus directs qui étaient très étonnés.

Finalement on a envisagé de prendre un drone pour espionner le bureau du quidam incriminé, une collègue a insinué qu’il avait probablement été enlevé par les extra-terrestres et que nous avions affaire à un clone, quelqu’un a envisagé qu’il avait eu des vacances de rêve et donc une crise d’amabilité aussi inopinée qu’incroyable, moi j’ai dit qu’il préparait sûrement une méga-vacherie en essayant de détourner mon attention et que tout ceci n’était qu’une diversion machiavélique, et au final mon boss a décrété qu’il aimerait bien qu’on se remette au boulot au lieu de dire n’importe quoi.

Il a ajouté que peut-être, pour une fois, cette personne appréciait notre travail à sa juste valeur, et qu’il fallait en profiter au lieu de le prendre mal.

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Là j’ai réalisé que j’étais devenue complètement parano. Bon. Ok.

Mais n’empêche, c’est ULTRA louche.

 

« Tu sais ce que je leur dis, aux ours blancs ?  » – Les grands distraits anonymes, acte 2

Chers futurs lanceurs de tomates pourries et pousseur de quolibets à mon égard,

Vous êtes déjà peut-être un tantinet au courant que je suis d’une grande distraction. Je vous en avais déjà parlé dans un précédent épisode quant à une sombre histoire de chèques. Mon absence total de sens pratique, à se demander comment j’ai survécu au Vietnam ou même simplement dans la vie courante, a encore frappé.

Je vous explique. Je rentre de vacances. Mon frigo présente une certaine ressemblance avec une zone polaire : froid et désert. Je le contemple néanmoins avec satisfaction : sur Facebook, un copain vient de raconter qu’il a fièrement coupé le courant chez lui avant de partir en vacances, pour faire des économies ; à son retour le frigo lui a fait payer cet affront en ayant développé une nouvelle strate de l’enfer en interne. J’en rigole encore en y repensant. J’en rigole mais je serai bien capable d’en faire autant, et je le remercie au fond de moi de cet exemple qui me permettra d’éviter de faire la même ânerie un jour.

Donc pour pallier la désertification alimentaire, je m’en vais faire des courses et regarnir gaillardement mon frigo. Au moment où je l’ouvre pour ranger les provisions, je me dis « Tiens, quitte à faire, vu qu’il est tout vide, je vais en profiter pour le nettoyer ». Ma maman est un raton-laveur, moi aussi, on ne se refait pas. Je vide les quelques denrées restantes, je coupe l’alimentation pour ne pas gaspiller d’énergie, et me voilà armée de javel, brosse, éponge. Je te lui fais la tornade blanche à l’intérieur qu’il n’a jamais été aussi propre de toute sa vie. J’envisage même de dégivrer un moment le congélateur qui a fait plein de glace en bas, mais bon, quand même, non, pas le courage, faut pas pousser.

Le lendemain soir je dîne avec une copine, j’arrive en avance, j’en profite pour racheter un ou deux trucs que j’avais oublié. A la fin du repas, elle regarde mon sac de course transparent (des sacs de course transparent, sérieusement ? Bonjour la discrétion. Tu peux être sûr que c’est le jour où tu auras acheté du produit à déboucher les toilettes pour bouchon ultra-résistant que tu vas croiser dans l’escalier le voisin super beau gosse du 3ème étage…), elle m’annonce avec un air dubitatif : « Ben dis donc, la chaine du froid avec ton jambon, là… »

Rho oui bon ça va hein, je le remets au frigo en rentrant tout de suite après le dîner, il va pas en mourir le jambon. Société hygiéniste pourrie. Voilà, il est au frais, il a passé 3h dehors, bah il s’en remettra. Au Vietnam j’achetais de la viande qui avait passé la journée dehors sans frigo, et aucun de mes colocataires n’en est mort, non mais sans blague.

Le lendemain matin, je me lève, je prépare mon thé, j’ouvre le frigo pour prendre du fromage blanc et au moment où je pose la main sur son contenant, j’ai soudain un éclair de lucidité : « C’est marrant, il est pas très froid le froma… « . J’ai levé les yeux et pile poil à la hauteur de mon regard, en plein milieu, juste sous mon nez, se trouvait le bouton de réglage du froid qui m’a toisée, narquois, en affichant avec un air satisfait : « 0 ».

Je crois que ce qui m’a le plus énervée, ce sont les blocs de sorbet artisanal que j’avais payés un bras, et qui ont fait une espèce de borborygme de type floc ploc floc quand j’ai procédé à l’évacuation sanitaire du congélateur (oui parce qu’évidemment si tu coupes l’alimentation du frigo pour le nettoyer, ça arrête aussi le congélateur).

La prochaine fois, les ours blancs se démerderont, qu’ils coulent avec leur banquise pourrie.

Un jour, j’aurais un cerveau.

Ô mes lecteurs tout palpités,

Aujourd’hui je viens m’auto-flageller en public parce que c’est tellement pas possible d’être idiote à ce point qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer. Là pour tout vous dire, je suis en train de chercher une corde et un arbre pour me pendre tant ma propre sottise me désespère.

Je suis distraite.

Je l’ai toujours été. Je suis sans arrêt en train de rêvasser à un truc ou un autre, de penser à autre chose. Que voulez-vous, ma vie dans ma tête est vachement plus intéressante que le monde qui m’entoure, il faut croire. En même temps entre « Mesdames, messieurs, suite à des difficultés de circulation dans Paris votre RER affiche un retard de… » et « N’empêche que bon, si les vaches pouvaient être zombifiées, combien de temps la biomasse bovine mettrait-elle à éliminer l’humanité? »

Du coup, mon sens pratique dans l’existence est aussi développé que celui d’un bigorneau (c’était bien la peine de se moque des bernards l’hermite, tiens). J’oublie la moitié des choses qu’on me dit, du coup je note tout pour ne pas oublier ce que je dois faire, ce qui ne m’empêche pas de perdre le papier où j’ai tout noté, bien entendu.

Il est convenu avec tous mes amis que si on part quelque part ou si on fait quelque chose, j’ai interdiction totale et absolue de toucher aux réservations, billets, ou quoi que ce soit dans ce goût-là. Certains profèrent encore des insanités en pensant à nos vacances précédentes. Je pense même que j’ai un grigri vaudou aux basques : même quand ça n’est PAS MOI qui fais la réservation, il suffit que je sois dans la pièce au moment où un tiers clique sur le bouton « Réserver » pour que ça merdoie à un moment où un autre.

Donc bon, je le sais. Je vis avec, c’est pas facile, je songe à créer une association des Grands Distraits Anonymes.
« Bonjour, je m’appelle Appolonie.
– Bonjouuuur Appolonie! (tous en choeur)
– Voilà, je suis une grande distraite. C’est très difficile, mais c’est aussi grâce à vous tous que je tiens le coup, sans ces réunions de soutien je serai perdue… Et je n’ai pas commis de grosse bévue depuis… depuis… ha bah zut j’ai perdu le petit papier sur lequel j’avais noté les jours… »
*silence consterné dans la salle*

Là je viens d’atteindre un sommet dans la connerie absolue (oui je sais ma mère m’a pas élevée comme ça mais là ça mérite un mot grossier à ce stade).

Oui mais bon j’ai établi un nouveau record de stupidité, ça compense ou pas?

Le mois dernier j’ai acheté une prestation à 300 euros, qu’on m’a proposé de payer en plusieurs fois. Je fais donc 3 chèques, bien arrangée par cette aimable proposition. Or, quelle ne fut pas ma surprise de voir que dès le premier mois, 300 euros de chèque sont encaissés d’un coup. Ca m’a agacée, j’ai insulté le prestataire dans ma barbe, et puis là dessus j’ai eu d’autres chats à fouetter, de toute façon au moins c’était réglé, j’avais un peu de sous devant moi donc ça n’allait pas m’empêcher de manger à la fin du mois.

Il y a deux jours je constate qu’on vient à nouveau d’encaisser 300euros en chèque. Cris, panique, hurlements, insultes redoublées à l’encontre du prestataire, appel larmoyant à la banque où je déchire ma tunique et me couvre la tête de cendres en signe de désespoir total, parce que bon c’est pas tout ça mais ça commence à faire une somme là. Le gentil monsieur de la banque me conseille de téléphoner  directement au prestataire avant d’appeler Interpol. J’appelle donc, fulminante et tremblante à la fois, et je tombe sur une charmante dame qui part vérifier de ce pas mon dossier….

… Devinez qui a fait 3 chèques de 300 euros ?

« Non mais là, désolés, on va devoir vous exclure du groupe des Grands Distraits Anonymes, ça n’est plus du soutien moral ça devient carrément du contre-exemple pour tout le monde…. « 

Comme je disais au début de cet article, je vais aller chercher une corde et un arbre. Enfin si je n’oublie pas en route ce que j’étais partie faire.

Je pense que ce serait dans l’ordre naturel des choses que ma bêtise et moi-même disparaissions, suivant le bon vieux principe du darwinisme.

La vaste profonditude de l’interwoueb

Cher lectorat,

Je disais dans un récent article que j’étais proprement fascinée par l’immensité de tout ce qu’on peut trouver sur internet.

Je veux dire, on trouve tout. Même des choses qu’au pays des poneys à paillettes qui font des cacas papillons on pensait pas que ça existait. Mais en fait si, ça existe. Sur internet, tout existe (est-ce vraiment un bien, en revanche, la question se pose franchement. En plus je vous raconte pas, moi qui travaille dans le graphisme, quand je vois certains sites j’ai juste envie de me trancher la jugulaire avec mon tapis de souris).

Papotant avec une amie récemment, elle m’a rappelé l’existence d’un site totalement fascinant, relevant d’un hobby absolument incroyable, je veux dire que j’aurais jamais imaginé un truc pareil et pourtant Dieu sait que j’ai une imagination débordante. La première fois où elle me l’a montré, elle en pleurait encore de rire et moi pas loin. Donc puisque c’est lundi matin, voilà de quoi égayer votre journée, je m’en serais voulu de garder ça pour moi (c’est pas beau de se moquer mais bon c’est lundi matin alors ça excuse bien des choses).

Je vous le donne en mille: hermy.fr , le site de Hermy le Bernard l’Hermite Terrestre.

Non, ça n’est pas une blague. En dehors de son graphisme d’un goût délicieux, je suis fascinée par toute l’ingéniosité déployée pour élever et chérir ce gracieux petit animal. Je crois que ma partie préférée, ce sont les coquilles de rechange, particulièrement le set spécial de Noël ou encore celles en verre de Murano.

… Je vais pas m’en remettre.

Le problème de temporalité prestataire-client

Cher lectorat tout palpité,

Aujourd’hui, je me propose d’aborder avec vous un phénomène récurrent et classique dans mon travail, qui a le don de me mettre hors de moi et de vouloir sacrifier des bébés phoques à satan en les égorgeant avec les dents pour appeler la malédiction la plus noire sur 47 générations.

Là j’expose mon cas particulier mais je suis sûre que tout le monde peut se l’appliquer, et devenir dingue à son tour. Or j’ai eu ce jour une révélation incroyable au sujet de ce soucis majeur dans le monde, à côté duquel Ebola ou la couche d’ozone sont une vaste plaisanterie :

 LE PLANNING

Explication (avec des images parce que j’aime bien les images qui bougent, ça fait chatoyer mes neurones) :

Il était convenu à la base que mon petit client devait valider mes visuels hier soir, parce qu’après je dois faire tout un montage en très très grand parce qu’on imprime ça sur des très très grandes surfaces pour un très très grosse exposition. Or, contrairement à ce que croient souvent les gens avec qui je travaille, en terme de timing, je ne mets pas mes doigts dans mon nez pour faire apparaître toutes les modifications. Figurez-vous que ça demande du travail et donc du temps (scandaleux).

Apparemment, il suffit de tirer un levier et d’appuyer sur un bouton pour que les 283 modifications soient réalisées en un temps records de « dans une petite demi-heure sur mon bureau c’est possible? »

Donc. Validation hier soir et on donne tout à l’imprimeur aussitôt. Evidemment, hier soir, on fait encore des modifications donc on validera le matin. Le matin pas de nouvelles. A midi pas de nouvelles. Là l’imprimeur commence à me téléphoner en poussant des jurons parce qu’on lui avait promis les fichiers le matin. En fait ça fait deux soirs qu’on lui promet le matin alors il commence à avoir des soupçons sur notre parole, un vrai crève-coeur.
A 14h toujours pas de nouvelles, sauf un petit mail sur un connerie qui n’a aucun rapport et aucune urgence. Je commence à envisager de me pendre avec le cordon du téléphone (qui est toujours tirebouchonné et ça m’exaspère prodigieusement) et l’imprimeur commence à proférer des insanités sur moi, mes collègues, mon agence et mon client.
A 16h toujours pas de nouvelles, j’appelle mon boss pour lui annoncer que j’ai décidé de me faire hara-kiri avec la fourchette en plastique de ma pasta box du midi. L’imprimeur aussi envisage de me suicider avec le même instrument.

D’après moi, si on fixe très fort la boite mail ou le téléphone, l’interlocuteur tant désiré le sent et se camoufle en feignant la mort.

A 17h30, mon boss rappelle. Donc en fait on avait pas de nouvelles parce que mon petit client était occupé, je cite, « à faire le tour de tous les services parce qu’il faut que tout le monde puisse quand même découvrir et commenter les visuels avant que ça parte à l’imprimerie »

… D’abord je suis restée un bon moment comme ça de l’autre côté du téléphone :

Et après quand c’est vraiment monté à mon cerveau, je suis passée plutôt en mode comme ça :

Inutile de vous dire que tout le monde ayant donc découvert les visuels à 16h le jour même où c’était déjà sensé être sous les rotatives depuis l’aube, tout le monde a eu une opinion (c’était normal) et des remarques et des corrections, et donc à 18h j’ai reçu un mail long comme le bras avec ce qu’il fallait changer (à peu près tout).

Je laisse à votre imagination le soin de se représenter dans quelle joviale humeur ce petit épisode m’a plongée. Mais ce soir, j’ai eu un éclair de lucidité et d’UN COUP J’AI COMPRIS. Oui oui, d’où vient le problème fondamental et majeur :

NOUS NE VIVONS PAS DANS LE MEME ESPACE TEMPS.

Chez eux, le temps s’écoule lentement et c’est pour ça qu’ils pensent en toute bonne foi en avoir tout plein devant eux, et qu’ils ne comprennent pas pourquoi je deviens hystérique quand on passe à 3 jours dans les dents niveau réalisation.

Parce qu’en fait chez moi la ligne de temps est très très rapide du coup je suis déjà arrivée très loin loin dans le retard du planning. Mais pas eux, en fait, pas dans leur espace temps.

Quand à la ligne temporelle de l’imprimeur je ne vous en parle pas : à l’heure qu’il est il est déjà mort de vieillesse et c’est son arrière-petit-fils qui a repris l’entreprise familiale.

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