Le chat, ce noble et délicieux compagnon

chat-propreté-vomi-carrelageOeuvre de Charles Joseph Grips

Il faut bien concevoir, toute personne ayant eu un jour un chat chez lui le sait, que nous n’avons pas avec ce doux ami un animal de compagnie. Clairement et nettement, c’est lui qui a un humain de compagnie, et s’il a décidé de vomir ses croquettes tièdes dans tes chaussons / juste derrière la porte qui va les étaler quand tu sors de ta chambre / au milieu du passage, c’est probablement que tu l’avais bien mérité. Esclave indigne, tssss.

La semaine où le destin te dit de rester dans ton lit avec de la vodka

Lundi, je suis partie au travail sans mon sac à dos de boulot qui était pourtant juste devant la porte d’entrée chez moi.

Mardi, en rentrant le soir j’ai découvert que j’avais mal fermé la porte du congélateur, que j’ai donc dû vider, et j’ai cuisiné jusqu’à 1h du matin à peu près 10kg de nourriture pour pas trop gaspiller.

Mercredi, le métro marchait pas alors j’ai pris le bus, ledit bus a arraché un rétroviseur de voiture, les deux conducteurs en sont venus aux mains et la police qui passait a dû intervenir.

Ca va le karma, ça va. J’ai compris le message.

Jeudi, vendredi, samedi et dimanche, je crois que je vais rester chez moi enroulée dans ma couette et pas trop bouger. Avec de la vodka. Au cas où.

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Fucking lundi matin

Désolée je vais me faire laver la bouche au savon par ma mère mais franchement…

La semaine dernière a été assez fatigante, là c’est lundi mais j’ai réussi à sortir du lit à peu près dans les temps. J’ai un peu traîné mais pas trop, il faisait pas chaud mais beau, je suis partie de chez moi avec les yeux un peu collés. Montée dans le métro, descendue, remontée dehors sur le quai du tram, attendu un peu, montée dans le tram. Pas de place assise tout de suite mais deux stations plus loin un siège se libère, contente parce que le trajet est un peu long. Je regardais dehors le soleil, c’est dommage de s’enfermer pour bosser mais bon c’est la vie ma bonne dame, d’ailleurs le boulot, faudra qu’en arrivant ce matin j’envoie un mail à…

SOUDAIN. CA MONTE AU CERVEAU. LE DRAME.

J’ai laissé chez moi le sac à dos du travail qui contient mon ordinateur, mes dossiers, et tout ce qu’il me faut pour bosser, et il m’a fallu 25 minutes de trajet pour m’en rendre compte. Oui oui, le sac qui était posé juste devant ma porte d’entrée pour être sûre de ne pas l’oublier en partant au travail. Gros mots, descente précipitée du tram, demi-tour direction maison.

… Fucking lundi matin.

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Le haïku palpitant – Acte 7

Une voisine au resto qui parle régime diététique très fort

Mon burger dégoulinant de gras et de frites qui arrive à table

Ses yeux révulsés quand j’ai ajouté de la mayo.

Je n’ai qu’une chose à ajouter :

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Mon diablotin nutritionnel intérieur a fait à peu près cette tête-là, au moment où le petit angelot de la diététique saine périssait noyé dans une mare de graisse et où il a fallu appeler les pompiers parce que la demoiselle de la table d’à côté faisait des convulsions au sol.

L’ode funéraire au bien aimé

Mes petits chlamydophores tronqués,

Aujourd’hui c’est la désespéritude totalesque.  Déjà il y a peu j’ai oublié mon carnet à dessin nomade que j’ai toujours sur moi chez des amis, après mon piano électronique tout neuf a décidé de rendre l’âme subitement, et là jamais deux sans trois : mon jean fétiche est mouru.

Ce jean, je l’aime d’amour depuis longtemps pour plusieurs raisons. D’abord, j’ai renoncé il y a un moment à être la fille impeccable en jupe-talons tous les jours (pardon maman, les mères-grands et toutes les femmes élégantes qui m’ont précédée, mais juste j’ai pas le courage), et ce jean, c’est devenu celui que j’enfilais le matin sans réfléchir parce que voilà.

En plus, il datait de mon séjour au Vietnam. Un vrai-faux Dolce & Gabbana payé au moins 300.000 dongs si mes souvenirs sont bons (ça doit faire presque 10€, une véritable fortune!!!). En soi ce n’était pas du tout la marque de contrefaçon collée dessus qui m’avait attirée, c’est surtout que c’était probablement le SEUL jean de tout Hanoï dans lequel j’ai pu rentrer mon hippopotamesque anatomie de bibendum occidental. On a passé une après-midi entière avec ma copine Manu à faire tous les magasins qu’on a croisés,  à sautiller compulsivement en cabine pour essayer de rentrer dans ces saloperies de pantalon et de les fermer sans arrêter de respirer (échec 9 fois sur 10, et encore, quand la vendeuse ne nous riait pas direct au nez au moment où on franchissait la porte).

Hier, au moment de l’enfiler, soudain j’ai vu l’horreur dans toute sa totalité : la toile est en train de céder à côté de la couture en haut de la cuisse droite. Il y a même déjà un trou un peu plus bas que je n’avais pas vu, de toute petite taille certes, mais quand même.

D’un côté, heureusement que je m’en suis aperçue à temps. J’imagine d’ici la scène d’enfer, moi me penchant pour ramasser un stylo au milieu de mes collègues, un grand CRAC sonore et la moitié de mon fessier dévoilé au public ébahi et hilare. Crédibilité professionnelle ruinée. (évidemment il ne cédera pas au moment où je serai chez moi seule en train de récurer le placard sous l’évier, où serait l’intérêt ?)

Me voici donc plongée dans les abysses insondables de la recherche d’un nouveau jean fétiche, alors que je sanglote encore la perte du bien aimé Dolce & Gabbana à 300.000 dongs. Je ne sais pas comment je pourrais le remplacer, tellement il était doux et vieux, et il s’était usé sur moi en prenant ma forme, bref il était parfait et même si j’en trouve un autre bien, ce ne sera plus jamais pareil. Je parcours les sites en ligne et les rayons de magasin avec l’air morne, la carte bleue en berne, la lippe pendante et tremblotante, nul modèle ne trouvant grâce à mes yeux. J’en ai essayé plusieurs, aucun ne pouvait remplacer mon préféré.

… En revaaaaaaanche, il faudra qu’on m’explique par quel processus de deuil assez étrange je suis repartie des magasins sans jean, mais avec une marinière, des ballerines et un foulard (je suis une misérable).

 

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