Sic transit gloria mundi, ou le destin du Saint Emilion

Mes petits marcassins abyssins,

L’autre jour je suis allée au supermarché faire mes courses (oui je sais j’ai des activités passionnantes). J’ai regardé le rayon vin en passant. Longtemps j’ai acheté les bouteilles parce que j’aimais bien l’étiquette, j’aime autant vous dire qu’après quelques déconvenues j’ai bien compris que c’était une méthode œnologique franchement naze. Il y a des producteurs qui sont très forts pour le design de l’étiquette et exécrables pour fabriquer du vin.

J’ai trouvé une bouteille qui me plaisait bien, avec marqué Saint Emilion et tout dessus. Elle était un peu chère quand même, mais, hein, une fois n’est pas coutume… Je m’imaginais déjà dans 10 ans, savourant le grand cru précieusement conservé, avec un dîner succulent dans un grand moment de joie des papilles. Mes invités triés sur le volet s’extasieraient sur mon bon goût et mes choix délicats dans une parfaite alliance entre le plat et le vin.

Quand je suis passée à la caisse j’avais quand même pris beaucoup de choses et ça rentrait  difficilement dans mon sac de course. J’ai tout  bourré dedans, ça va, j’habite à moins de 50 mètres, on va pas chipoter pour 48kg de course dans un tout petit sac en tissu qui cisaille les doigts. C’est un défi aux lois de la gravité et de l’espace voilà tout!

Hélas, le défi fut bref. L’univers m’a dit clairement : « Va chier, c’est pas parce que tu te la pètes en bossant avec des astrophysiciens que tu vas nous les briser avec la déformation de l’espace-temps ». Je me suis arrêtée au feu rouge. Les voitures passaient. Il y a eu un tout petit « crac » suivi d’un gros « BLENG!!!! » et après le Saint Emilion est allé se répandre partout sur le trottoir, mes chaussures, et dans le caniveau à ma plus grande consternation.

Hé ben franchement… Outre la douleur de mon porte-monnaie, je crois que j’ai rien vu de plus triste de toute ma semaine. Comme quoi on peut être un très grand cru héritier de siècles de savoir humain viticole et terminer son destin dans un caniveau en moins de 25 mètres à la sortie du Franprix. Ça vous rend philosophe. Si ça c’est pas moche ma bonne Lucette…

 

Je peux mourir heureuse avec mon tee-shirt, ou comment j’ai des joies simples dans ma vie professionnelle

Mes petits bisons fripons,

Je vous écris encore excitée comme une puce parce que des fois dans mon travail, j’ai vraiment des joies simples. Mes collègues me regardent avec stupeur, et après ils trouvent que je suis vraiment très rafraîchissante (sous-titre : « complétement demeurée, y a plus rien à sauver »).

Après la fameuse fête qui m’a permis d’emporter un Nobel ou presque avec la découverte de dimensions parallèles, on a participé à un congrès de chercheurs de haut niveau sur des sujets très pointu.

Genre de la recherche qui vend un peu du rêve, où on envoie des trucs très loin dans l’espace et après on passe 10 ans à attendre que ça atteigne un autre bout du système solaire pour voir si ça marche, et si c’est le cas des dizaines de gens vont étudier les résultats. Avec des chercheurs du monde entier, d’un tas d’agences spatiales et entre autres, des gens de la Nasa. Genre le truc qui vend GRAVE DU RÊVE DE TA MÈRE EN COSMONAUTE SUR SATURNE!!!!

Évidemment, pour ma part, je ne participe pas aux discussions scientifiques, mais je fais l’intendance, parce que fais partie de ce qu’on appelle « les personnels de soutien à la recherche ». Et comme disait mon ancien boss,  « la bonne organisation, c’est celle que personne n’a remarquée parce que tout s’est déroulé comme sur des roulettes ». N’empêche. A la fin de la semaine, ils étaient tous super contents parce que ça s’était très bien passé et que je suis une excellente gentille organisatrice de Club Med de la recherche internationale. Ha bah oui, moi je fais pas de grandes découvertes, mais j’ai pensé au café, aux codes wifi, aux badges vierges pour ceux qui ont oublié de s’inscrire, à l’adaptateur prises US/France, au scotch double-face pour réparer le poster qui s’est déchiré dans l’avion, aux tickets de métro, et même au pansement pour celui qui s’est découpé un bout de doigt sur les punaises en accrochant son poster.

Du coup, les gens de la Nasa, ils sont repartis en m’offrant un tee-shirt de la Nasa parce que je suis trop un soutien pour la grande recherche qui vend du rêve de ta mère en astronef sur Pluton.

J’ai poussé des ricanements hystériques, à tel point qu’une des gentilles chercheuses américaines m’a dit avec un air navré que c’était pas si foufou et qu’on trouvait les mêmes sur internet.

CA N’A RIEN A VOIR. MOI J’AI UN TEE-SHIRT DE LA NASA OFFERT PAR LES GENS DE LA NASA PARCE QUE JE TRAVAILLE AVEC LA NASA.

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Plus jamais de ma vie je l’enlève, je dors avec, et je le quitte plus jusqu’à la fin de mes jours.

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Comment la non-organisation de l’université nous a fait découvrir des univers parallèles (à moi le Nobel).

Mes petites compotes en culotte,

Au travail, il y avait une grande fête où on accueille des tas d’élèves de collège et lycée pour leur faire découvrir le joyeux monde de la science et de la recherche à l’université, et leur donner envie de faire des études ici après. Haha. Les malheureux s’ils savaient ce qui les attend…

Entendons-nous bien. Faire de la science, c’est génial. Moi je découvre un monde qui m’était totalement inconnu (« Bonjouuur j’ai fait des arts appliqués! »), et je suis fascinée.

Le problèèèèème…. C’est ce qui va autour. Toute personne ayant fréquenté une fac dans sa vie a eu l’impression de rentrer dans la maison des fous des 12 travaux d’Astérix. C’est  un peu pénible au quotidien (je vous ai déjà parlé de mon adresse mail par exemple ou de la réunion de l’enfer), voire, soyons honnêtes, ça peut rendre vraiment cinglé. Notamment je crois qu’il y a une espèce de malédiction dans les services centraux qui sont sensés s’occuper de la logistique et tout, juste, je sais pas, ils sont au-dessus d’un cimetière indien, ou bien ils ont offensé gravement le dieu de la productivité pour les 428 prochaines générations.

A priori, ça avait pourtant bien commencé, 6 mois avant on nous avait demandé ce qu’on voulait mettre dans notre stand, de quoi on avait besoin comme matériel, etc. Je me suis dit, whaaaaaa, dingue, on anticipe ici maintenant ? Je leur ai fait une belle liste super détaillée, je pensais que du coup ça allait bien se passer.

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GROSSIÈRE ERREUR.

Déjà 3 jours avant j’ai reçu un mail avec « oui alors en fait pour tel truc il faut le faire sur mesure et en urgence, vous avez 2000€ à débloquer là tout de suite? »

Non, non très cher, je n’ai pas de sous à vous filer là tout de suite vu que c’était pas du tout prévu, et que vous auriez pu m’en parler pendant les 5 mois et 27 jours qui ont précédés. Ahem.

La veille on a commencé à s’installer et on était tout entassé dans un petit espace, alors qu’à côté ils étaient 2 dans un truc 3 fois grand comme le nôtre. Bref.

Dans notre stand j’ai regardé avec stupeur les écrans blancs déroulants qu’on m’avait donnés, moi je voulais des écrans télé, donc, pourquoi pas, mais où sont les projecteurs ? Que nenni, point de projecteurs, il fallait les demander spécifiquement. Quoi que… maintenant que je le dis… quand j’avais demandé des écrans et les prises pour les brancher, peut-être qu’en effet une certaine logique aurait voulu qu’il s’agisse d’écrans télé et pas d’écrans de projection qui sont dépourvus de prise…

bravo

Je vous passe l’odyssée pour mettre la main sur 2 projecteurs (une espèce en voie de disparition), on finit par tout installer tant bien que mal. Détail sordide, figurez-vous qu’il n’y avait pas de chauffage. Je suis allée brailler une fois de plus (j’aime brailler)(le matos que j’avais demandé et du chauffage, mon ambition est carrément sans limite). On m’a répondu que pas de soucis, le chauffage serait mis en route le lendemain matin, bien avant l’arrivée à 14h des premiers visiteurs.

A 11h y avait pas de chauffage.

A midi toujours pas non plus.

A 13h le monsieur qui était sensé le mettre en route finalement à 13h n’était toujours pas là.

A 13h50, soit 10 minutes avant l’ouverture, dans un sursaut miraculeux le monsieur arrive. Il y avait 2 énormes blocs chauffage de chaque côté de la tente. Il en met un en route, ô joie, du chaud.

Il a mis le deuxième en route et là…

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On a fait sauter le courant sur à peu près 1/4 du campus.

Après enquête il s’est avéré que quelque part, il avait été demandé une armoire avec 32 ampères pour supporter tout le bastringue de la tente, mais en fait il en été mis une avec beaucoup moins parce que 32 c’était surfait (27 ou 14 c’est presque pareil que 32, probablement).

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On a passé les 15 premières minutes à faire des claquettes devant nos visiteurs, le temps que le courant revienne. Au final on a fait le reste de la semaine avec un seul chauffage (pas de notre côté bien entendu), et tout s’est presque bien déroulé ensuite.

A noter, ces facéties m’ont permis de répondre à une question extrêmement intéressante, qui m’a été posée par un élève curieux et sagace, après qu’il ait fini les ateliers sur l’univers, la vie, le reste et tout ça.

« Mais dites, du coup Madame, les dimensions parallèles, ça existe ou pas ? »

Oui mon petit. Les dimensions parallèles existent. Je crois même que je vais faire une super publication scientifique et avoir un Nobel parce que je les ai localisées, moi, c’est évident.

Les dimensions parallèles, c’est dans les bureaux des services centraux. Troisième étage, couloir B, porte 27E. Et n’oublie pas le formulaire vert.

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Le haïku palpitant – Acte 10

Faire la vaisselle le matin pas réveillée

Porter un peignoir à manches kimono

Faire une lessive

Joyeuse rentrée à tout le monde, dans la joie et la bonne humeur (et sinon ce matin j’ai renversé mon bol de céréale dans mon lit en plus de repeindre mon peignoir à l’eau de vaisselle, youhou!!!)

Le chat, ce noble et délicieux compagnon

chat-propreté-vomi-carrelageOeuvre de Charles Joseph Grips

Il faut bien concevoir, toute personne ayant eu un jour un chat chez lui le sait, que nous n’avons pas avec ce doux ami un animal de compagnie. Clairement et nettement, c’est lui qui a un humain de compagnie, et s’il a décidé de vomir ses croquettes tièdes dans tes chaussons / juste derrière la porte qui va les étaler quand tu sors de ta chambre / au milieu du passage, c’est probablement que tu l’avais bien mérité. Esclave indigne, tssss.

La semaine où le destin te dit de rester dans ton lit avec de la vodka

Lundi, je suis partie au travail sans mon sac à dos de boulot qui était pourtant juste devant la porte d’entrée chez moi.

Mardi, en rentrant le soir j’ai découvert que j’avais mal fermé la porte du congélateur, que j’ai donc dû vider, et j’ai cuisiné jusqu’à 1h du matin à peu près 10kg de nourriture pour pas trop gaspiller.

Mercredi, le métro marchait pas alors j’ai pris le bus, ledit bus a arraché un rétroviseur de voiture, les deux conducteurs en sont venus aux mains et la police qui passait a dû intervenir.

Ca va le karma, ça va. J’ai compris le message.

Jeudi, vendredi, samedi et dimanche, je crois que je vais rester chez moi enroulée dans ma couette et pas trop bouger. Avec de la vodka. Au cas où.

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